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Le sacrifice d'Iphigénie à Pompéi | ||||||
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H. Roux, Herculanum et Pompéi, tome III, planche 92, pp.3 sqq (éd. 1875) Désespérant de rendre tant de choses, le peintre a enveloppé son Agamemnon dans un manteau de pourpre qui lui couvre la moitié de la figure, et il a caché le reste en lui faisant porter la main devant ses yeux. C'est le même artifice dont avait usé auparavant Timante le Samien : mais là s'arrête la ressemblance entre l'artiste grec et le faiseur de fresques de la maison dite d'Homère à Pompéi. Ce n'est pas que celui-ci paraisse dépourvu de talent : mais cet ouvrage est le plus faible et le plus inégal de tous ceux qu'on a trouvés dans le même endroit. Le groupe principal pyramide assez bien ; la figure d'Iphigénie est expressive, ses bras ont du mouvement : mais quelles incorrections ! quelle froideur dans tout le reste.On se demande si, l'idée principale étant évidemment empruntée à Timante, tout le tableau ne serait pas une copie comme tant d'autres morceaux déjà signalés, et si les défauts de l'exécution ne viendraient pas de la froideur qui se glisse toujours dans un travail d'imitation. Sur cela, des critiques font observer qu'au contraire, si l'ensemble manque d'harmonie, du moins le feu et l'inspiration, caractères d'une oeuvre originale, brillent dans certaines parties essentielles ; et qu'il ne faut, par conséquent, attribuer les vices des autres parties qu'à la rapidité forcée du faire de la fresque. Ces deux opinions ne nous paraissent pas inconciliables : le peintre à fresque ne copiait pas, c'est-à-dire qu'il ne travaillait pas avec le modèle sous les yeux ; mais il s'inspirait du souvenir d'un chef-d'oeuvre, souvenir qui lui suggérait l'ordonnance du tableau, et lui donnait, pour l'exécution d'une de ses figures, un feu bientôt étouffé sous la fatigue de l'exécution matérielle. Là, comme il arrive très souvent, l'art apparaissait d'abord ; mais le métier tuait l'art.
Commentaire de M. L. Barré dans l'édition d'Herculanum et Pompéi mentionnée ci-dessus. Commentaire de cette même fresque dans les Pompeiana de William Gell (s'ouvre dans une autre fenêtre). | |||||