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Dans la birème, ou vaisseau à deux rangs de rames, il est également clair, d'après d'autres mots du même passage de Tacite et la figure suivante, tirée d'un bas-relief en marbre, que le second rang de rames était placé au-dessous du premier, et qu'on comptait les bancs à partir des rebords du pont jusqu'à la ligne de flottaison ; les trous qui laissaient passer les rames, et par suite les sièges des rameurs, étaient placés en ligne oblique les uns au-dessus des autres, de manière que l'intervalle entre un rang de rameurs et le suivant fût aussi petit que possible. | ||||
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La construction d'une trirème, ou vaisseau à trois rangs de rames, était fondée sur le même principe : on y comptait d'une manière analogue les rangs des rames depuis les plats-bords jusqu'à la ligne de flottaison ; c'est ce qu'atteste cette expression de Virgile Terno consurgunt ordine remi (Aen. V, 120), et la figure ci-jointe, d'après une ancienne fresque romaine, qui confirme le témoignage de Virgile. | ||||
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Une construction semblable pour quatre rangs de rames est indiquée par la figure du mot quadriremis, où les rames sont visiblement sur quatre rangs de hauteur à partir de l'eau, quoiqu'on y distingue moins clairement les détails, à cause de la petitesse du dessin, qui représente seulement une figure empreinte sur une monnaie ; nous avons le droit d'en conclure qu'on disposait et qu'on comptait de la même manière un cinquième rang de rames. On s'est assuré par expérience qu'une série de cinq avirons, s'élevant obliquement de la ligne de flottaison au plat-bord, pouvait tenir dans un espace de neuf pieds de haut, le point le plus élevé au-dessus de l'eau où le levier qui forme la rame puisse être coupé par le tolet (scalmus) sans perdre tout effet (Howell, War Galleys of the Ancients, p. 49-51). Au delà de ce nombre commence la difficulté de compter les rangs et on ne peut plus, en l'absence de tout témoignage positif, que formuler des conjectures ; on n'a plus pour se guider ni descriptions ni images. Si plus de cinq rangs de rames parallèles étaient placés l'un au-dessus de l'autre, il serait matériellement impossible de manier l'aviron du sixième rang, le point fixe du levier se trouvant alors placé si haut au-dessus de l'eau, qu'il devrait élever le bras de la rame bien au-dessus de l'atteinte du rameur, ou empêcher la pale de toucher l'eau à moins que l'aviron ne fût d'une longueur si démesurée, que la partie de la rame qui était contenue dans le vaisseau allât d'un plat-bord à l'autre, et dépassât même celui qui lui était opposé. Comment donc comprendre un vaisseau à quarante rangs de rames, comme celui que construisit Ptolémée ? La solution la plus plausible est de croire que dans tous les bâtiments de première classe les avirons étaient disposés sur cinq lignes parallèles, comme dans une quinquérème ; mais que les rangs ou ordines, au-dessus du nombre de cinq, étaient comptés en longueur et non en hauteur ; on aurait appelé ordo chaque rangée ascendante de cinq rames à partir de la ligne de flottaison, et l'on aurait compté le nombre des ordines ou rang de la poupe à la proue, et non plus de l'eau au plat-bord. | ||||
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Ainsi un navire à dix rangs de rames aurait eu, en comptant de la poupe à la proue, dix rangs de rames, chacun de cinq rames sur une ligne oblique et ascendante, comme le montre le plan ci-joint. Un vaisseau à quarante rangs de rames présenterait la même disposition, cinq rangs de rames parallèles courant de l'arrière à l'avant ; mais chacune de ces lignes aurait contenu, entre ces deux points extrêmes, quarante sabords pour laisser passer les avirons, et non dix : on n'obtient ainsi qu'une longueur raisonnable ; car la moneris même, petit bâtiment, dans la première planche de cet article, a vingt-quatre avirons à la file. | ||||