VIA


Route pavée, inventée, dit-on, par les Carthaginois (Isidor. Orig. XV, 16, 6), servant aux chevaux, aux voitures et aux piétons (Varro, L.L. V, 35), à la ville ou à la campagne ; mais plus particulièrement la principale voie de communication ou grande route d'un point à un autre, d'une province à une autre, par opposition à une rue détournée ou un chemin de traverse (Mart. VII, 61 ; Cic. Phil. XII, 9 ; Hor. Sat. I, 9, 1). Les voies romaines étaient construites de manière à réunir à beaucoup de commodité tous les éléments possibles de durée : au milieu était une chaussée (agger), pavée de gros blocs polygonaux de lave basaltique (silex), assujettis sur un lit formé de trois couches différentes, étendues l'une au-dessus de l'autre : l'inférieure composée de petites pierres ou gravier ; la moyenne, de blocaille ou de pierres cassées empâtées dans de la chaux ; la supérieure, épaisse de 0m 15, formée de fragments de briques et de poteries, mêlés de ciment. De chaque côté était un trottoir élevé (crepido), flanqué dans toute sa longueur de pierres de bordure (umbones), qui, dans quelques cas, étaient reliées de place en place par de gros blocs cunéiformes (gomphi), qui serraient et consolidaient la masse.

La gravure représente une vue du grand chemin d'Herculanum à Pompéi, près de l'entrée de cette dernière ville : on y voit la chaussée et les trottoirs, avec leurs pierres de parement de chaque côté. Une coupe, indiquant la manière dont on disposait les blocs polygonaux, a été donnée au mot agger, et on trouvera, à chacun des mots énumérés ci-dessus comme désignant les différentes parties de la voie, des figures spéciales.


Illustration complémentaire

Via Appia (Rome), 2001

© Agnès Vinas