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Lettres de Cicéron à Tiron - Ad fam. XVI, 8

 

[Février 49 av. JC]

A TIRON.

Votre santé nous inquiète beaucoup. Les arrivants s'accordent à dire que le mal n'est pas dangereux, mais peut traîner en longueur. C'est une consolation et à la fois une cause de tourment, si je dois longtemps encore être privé d'une compagnie, dont votre absence me fait sentir plus vivement l'utilité et les charmes. Toutes mes pensées sont avec vous. Mais, je vous conjure de ne point vous exposer, faible encore, à une si longue navigation, et à un voyage d'hiver. Ne vous embarquez qu'à bon escient. Avec une santé faible à peine peut-on se garantir du froid dans de bonnes habitations, et au milieu des villes. Jugez s'il est facile de se préserver de ses atteintes en voyage et sur mer. Le froid est le grand ennemi des peaux délicates, dit Euripide. Mais fait-il autorité pour vous ? Je regarde, moi, ses vers comme autant d'axiomes. Soignez-vous, soignez-vous, si vous m'aimez, et revenez-nous vaillant le plus tôt possible. Adieu : aimez-moi toujours. Le fils de Quintus vous embrasse.


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Edition des Lettres de Cicéron - Collection des Auteurs latins de Nisard, in Oeuvres complètes de Cicéron, tome V, Paris, Firmin-Didot (1869) - Traduction de M. Defresne