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DarembergLittérature gréco- romaine Histoire romaine Auguste Ecrivez-nous Recherchez Copyright Aspirateurs | Article Pax - Daremberg et Saglio (1877)Déesse qui personnifiait, chez les Grecs et les Romains, la paix et ses bienfaits.I. Eirènè chez les Grecs De très bonne heure les poètes grecs firent de la paix une divinité. Dans la Théogonie d'Hésiode, Eirènè est une des trois Heures, filles de Zeus et de Thémis ; elle a pour soeurs Eunomia et Dikè. La même allégorie se retrouve dans Pindare, sous une forme à peine différente ; elle est mentionnée par Diodore de Sicile et Apollodore. Chez d'autres poètes, par exemple chez Euripide et chez Aristophane, Eirènè est invoquée comme une déesse particulièrement bienveillante pour les hommes, comme la plus belle, la plus vénérable des déesses. Les Athéniens rendirent un culte à Eirènè. La déesse avait chez eux, sinon un temple, du moins un autel, bômos. D'après Plutarque, cet autel aurait été dédié à la fin des guerres médiques, après la victoire remportée par Cimon sur les bords de l'Eurymédon et le prétendu traité de paix qui aurait été alors signé par le Grand Roi. D'autre part, Isocrate et Cornelius Nepos rapportent que le premier autel d'Eirènè dans Athènes fut consacré seulement en 374 av. JC., à la suite de la victoire remportée par Timothée sur les Lacédémoniens et de la paix qui en fut la conséquence. Parmi les documents épigraphiques, le plus ancien de ceux qui attestent l'existence à Athènes d'un culte d'Eirènè est de l'année 332-339 av. JC. Mais Aristophane, dans sa comédie la Paix, représentée en 419, parait bien indiquer qu'à cette époque on avait l'habitude à Athènes d'offrir des sacrifices à Eirènè. Il est très probable que le culte et l'autel d'Eirènè existaient chez les Athéniens dès le milieu du Ve siècle. Le scoliaste d'Aristophane nous apprend qu'on offrait un sacrifice à la déesse le seizième jour du mois d'Hecatombaion, que ce sacrifice était un sacrifice non sanglant, et que les offrandes des particuliers présentaient le même caractère. Hors d'Athènes, l'on n'a trouvé que très peu de traces du culte d'Eirènè dans le monde grec. Il y avait à Athènes une statue célèbre d'Eirènè, oeuvre de Képhisodotos, qui passe pour être le père et le maître de Praxitèle. Képhisodotos avait représenté la déesse debout, tenant de la main droite un long sceptre et portant sur son bras gauche Ploutos enfant.
II. Pax chez les Romains
Un peu moins d'un siècle après l'érection de l'Ara Pacis, Vespasien, en l'an 75 ap. J.-C., fit construire en l'honneur de la déesse un temple magnifique, «le plus vaste et le plus beau, dit Hérodien, des édifices qui ornaient Rome». Ce temple s'élevait au nord-est du Forum Romanum ; il était entouré d'une area à laquelle fut donné plus tard le nom de Forum Pacis. Vespasien accumula dans le temple de la Paix des richesses et des oeuvres d'art, enlevées à diverses provinces de l'empire ; c'est là, en particulier, que furent déposés les vases sacrés et les objets en or provenant du temple de Jérusalem ; on y voyait aussi plusieurs chefs-d'oeuvre de sculpture et de peinture ravis à la Grèce. Ce temple fut dévoré par un incendie terrible sous Commode en 191 ap. JC. Le culte de la déesse Pax ne semble pas avoir été plus populaire à Rome et dans l'empire romain, que celui d'Eirènè dans le monde hellénique. Les dédicaces à Pax sont rares tant en Italie que dans les provinces. On en a trouvé jusqu'à présent à Rome, à Préneste, en Espagne, en Gaule, sur les bords du Rhin et du Danube, en Afrique, mais nulle part ces documents ne révèlent l'existence d'un culte très répandu. Les Romains représentaient la déesse Pax sous des traits analogues à ceux de la Fortune, de l'Abondance, etc. Ses attributs les plus fréquents étaient un rameau d'olivier, un caducée, une corne d'abondance. Parfois le type de Pax se rapprochait des images de la Victoire ; on considérait en effet la Paix comme le résultat d'une guerre victorieuse : dans ce cas, elle était couronnée de laurier, elle avait une lance ; parfois même on lui donnait des ailes comme à la Victoire. Article de J. Toutain | |||||||||