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La conquête de Majorque


Roussillonnais et Occitans à la conquête de Majorque

 

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La Conquête
de Majorque


Jaume Ier

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Extrait de la Chronique de Bernat Desclot

  • XXXII - Compagnons du comte Nuno

    Le comte Nuno emmena avec lui, comme commandants et compagnons, un comdor très honorable, Jofré de Rocabertí, Oliver de Termes, Ramon de Canet, Arnau de Barbaira, Bernat Espanyol, Bernat Olivers, Bernat de Montesquiu, Arnau de Vernet, Castellà Ruiz et deux honorables barons de Castille.

  • XXXIII - Compagnons de Guillem de Montcada

    Guillem de Montcada emmena avec lui, comme compagnons et commandants de sa compagnie, un comdor très honorable, Guillem de Sant Martí, Guillem de Cervelló, Ramon Alamany, Guillem de Clarmunt, Hug de Mataplana, Guillem de Sant Vicenç, Ramon de Bell-lloc, Bernat de Centelles, Guillem de Palafolls et Berenguer de Santa Eugènia. Tous ceux que je vous ai nommés étaient des comdors et des hommes honorables de Catalogne.

Les seigneurs qui entourent Guillem de Montcada sont pour la plupart des hommes de sa parenté, de son lignage. Ils ont combattu avec lui pendant les guerres féodales de la minorité du roi : c'est le cas des Cervelló, Clarmunt et Bell-lloc.

En revanche, la liste de ceux qui accompagnent le seigneur du Roussillon est beaucoup plus hétérogène. Membre de la maison de Barcelone, Nuno Sanç n'a pas de lignage en Roussillon ; ses compagnons forment trois groupes distincts :

  1. celui de la vieille noblesse roussillonnaise représentée ici par les Vernet, les Canet, les Montesquiu et les Rocabertí de l'Albère.
  2. celui des quelques nobles castillans liés à la famille de sa mère, une dame de la maison de Lara.
  3. enfin le groupe important des seigneurs occitans des Corbières, parmi lesquels deux d'entre eux, Chabert de Barbaira et Oliver de Termes, vont s'illustrer particulièrement dans la campagne de Majorque. Après avoir participé aux luttes contre les Montfort pour retrouver leur terres confisquées en raison de leur soutien à la cause occitane, certains sont maintenant réfugiés en Roussillon. La campagne victorieuse, que vient de mener en Languedoc le roi de France Louis VIII (1226-1227), les a jetés dans les bras de Nuno Sanç, aux côtés de qui ils ont déjà combattu de nombreuses années. Le fait qu'ils soient protecteurs avérés des cathares ne semble pas offusquer particulièrement le seigneur du Roussillon, dont la propre soeur est mariée à un membre de la famille des Niort du pays de Sault, plus que compromise avec l'hérésie.
L'expédition de Majorque vient donc au bon moment pour ces seigneurs occitans, «faidits» ou compromis : une issue victorieuse peut leur donner butin, terres et l'occasion de se racheter aux yeux de l'Eglise catholique, en participant à cette croisade. Certains vont effectivement faire souche à Majorque, d'autres recevront leur récompense en Roussillon. D'autres enfin, comme Chabert de Barbaira, ne seront pas oubliés par le roi Jaume quand ils auront des difficultés avec l'Inquisition.

 


Si vous voulez en savoir plus
  • Vous trouverez cette traduction et ce commentaire dans le livre d'Agnès et Robert Vinas, La Conquête de Majorque, Perpignan SASL (2004)