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La maison de Çagarriga | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Histoire du Roussillon Museum Présentation Collections Ecrivez-nous Recherchez Copyright Aspirateurs | Article d'Eric Raynaud, professeur des Universités, biologiste des hôpitaux
Première époque : des origines à la «presque» extinction Le berceau de la famille Çagarriga est très probablement la ville de La Garriga, près de Barcelone, et le nom lui-même correspond au substantif garriga, que l'on fait dériver du pré-roman garrica ou garric, c'est à dire une terre inculte, calcaire et rocailleuse, où poussent des chênes verts. Ces éléments sont la première clé pour la compréhension des armes de la famille. Les Çagarriga sont déjà cités dès le XIIe siècle, comme le précise l'abbé Capeille dans son Dictionnaire de Biographies Roussillonnaises (1) : Bérenger de Çagarriga, témoin de différentes conventions ou accords passés entre le comte de Barcelone et celui d'Empories ; Raymond de Çagarriga, abbé du monastère cistercien de Sainte-Marie de Fitero, fondateur de l'ordre chevaleresque de Calatrava. En fait, il faut attendre le XIIIe siècle, avec François de Çagarriga, né vers 1260, pour pouvoir décrire sans trop de manques une généalogie précise (2). François de Çagarriga épousa une certaine Guillemette, dont on ignore le nom de famille, et ils eurent un fils unique prénommé Raymond. Il n'est peut-être pas inutile, à ce stade de la discussion, de préciser que nous retrouverons régulièrement dans les générations suivantes deux prénoms prédominants, Raymond et Gaspard, et ce, jusqu'au XXe siècle. De son mariage avec Elissende de Villarich en 1318, ce Raymond de Çagarriga qui nous préoccupe actuellement, et qui était châtelain de Montferrer, eut deux fils et cinq filles. L'aîné, François de Çagarriga et de Villarich, eut la confiance des rois d'Aragon et se distingua particulièrement contre les Français, coalisés avec le roi Jacques de Majorque, en les empêchant de pénétrer en Cerdagne et en Roussillon. Il acheta en 1352 le château de Pontos. Il avait épousé Claire de Pau, qui lui donna trois fils, dont Raymond, qui poursuivit la lignée. Le frère cadet de François de Çagarriga et de Villarich, Bernard, eut une fille, Barthélémine, qui épousa vers 1380 son cousin germain Raymond, et un fils dont est issue la branche des Seigneurs de Corbère, alliée par la suite à la famille d'Oms. Raymond de Çagarriga et de Pau, Seigneur de Pontos et de Creixell, fut nommé en 1397 gouverneur des comtés de Roussillon et de Cerdagne. Il participa aux Cortès qui se tinrent en 1405 à Perpignan. Il défendit dans les années qui suivirent le comté de Roussillon contre un projet d'invasion par le comte d'Armagnac, et repoussa les troupes françaises du roi Charles VI, commandées par le maréchal de Boucicaut. Il montra également son autorité sur le plan civil en supprimant, en 1417, les maisons de jeu à Perpignan. C'est un certain laxisme, volontaire et assumé, dans la levée d'un nouvel impôt en Roussillon, exigée par le roi Alphonse V à l'occasion du mariage de sa sœur l'Infante Marie, qui le conduisit à donner sa démission (3). De son union avec sa cousine germaine Barthélémine étaient nés quatre enfants, dont un fils, qui précéda son père dans la tombe, et trois filles, dont une, prénommée Barthélémine, comme sa mère, et qui se trouva héritière universelle de la maison de Çagarriga. Le nom des Çagarriga était donc logiquement voué à l'extinction. Barthélémine de Çagarriga et de Çagarriga, ainsi nommée puisque issue du mariage de deux cousins germains, unit sa destinée à celle de Roger d'Alemany de Cervelló (ou Cervellon) en 1404, avec obligation pour leurs enfants de relever le nom et les armes de la famille de Çagarriga. Six enfants naquirent de cette union. L'aîné, Gaspard, prit le nom de sa mère pour premier patronyme, s'appelant donc Gaspard de Çagarriga et d'Alemany, et associa les armes des deux familles, perpétuant ainsi la maison de Çagarriga. C'est la deuxième clé pour la compréhension des armes Çagarriga. Tableau généalogique 1 : des origines à la «presque» extinction Cette alliance à la famille d'Alemany de Cervelló était très prestigieuse, puisque l'on retrouve ces deux patronymes parmi les neuf barons de Catalogne. On fait remonter l'origine de la famille de Cervelló aux années 690 à 720, en Allemagne, avec le comte d'Astolberg et son épouse la princesse Clotilde de Bavière. C'est leur arrière petit-fils, issu de leur fils cadet, qui fut élevé à la dignité de baron de Cervelló par l'empereur Charlemagne, en raison de son courage lors des sièges de Barcelone et de Tortosa. Le onzième baron, Guillem de Cervelló, épousa en 1130 l'unique héritière du baron Pierre d'Alemany, sous la condition, une fois encore, d'en porter le nom et les armes. De leur fils, Pierre, descendait Roger d'Alemany de Cervelló, qui unit sa famille à la maison de Çagarriga (4,5).Deuxième époque : vers les trois branches, espagnole, italienne et française Gaspard de Çagarriga et d'Alemany poursuivit donc les destinées de la maison de Çagarriga. Il eut un rôle politique de conseiller et encore plus un rôle militaire sous le règne de Jean II, dont il était le lieutenant. Il se porta notamment au secours de la reine Jeanne en 1462, à Gérone, lors de l'irruption des Français en Roussillon. C'est d'ailleurs le 26 juin de cette année qu'il fut mortellement blessé, devant la collégiale Saint-Félix de Gérone, dont il défendait l'entrée. De son mariage avec Marguerite de Rocabruna, en 1447, étaient nés trois fils et deux filles.
Pierre-François de Çagarriga et Xammar eut cinq enfants de son mariage avec la fille de sa belle-mère, Cécile d'Entici. Trois d'entre eux méritent particulièrement d'être mentionnés. Louis de Çagarriga et d'Entici entra dans l'Ordre de Saint Benoît et fut nommé en 1566 abbé de Saint-Michel de Cuxa, charge qu'il occupa jusqu'à sa mort en 1569. Les chroniqueurs rapportent qu'il obtint du ciel une grâce particulière, en voulant prouver l'authenticité d'un morceau de la vraie Croix, pieusement conservé dans le reliquaire de l'abbaye. Des doutes s'étaient en effet exprimés à ce sujet, en raison de la dimension conséquente de la relique, longue de presque un décimètre. L'abbé de Çagarriga demanda au ciel un miracle : il décida de soumettre la précieuse relique à l'épreuve du feu, et celle-ci, à la grande édification des personnes présentes, ne se consuma pas. Un acte notarié fut aussitôt rédigé, afin d'attester de l'événement (6)>. Après un premier mariage sans postérité, François-Raymond de Çagarriga et d'Entici, frère de l'abbé de Cuxa, épousa en secondes noces, en 1560, Anne de Stanybo et d'Oms, qui apporta à la famille Çagarriga la seigneurie de Rivesaltes. Leur descendance poursuivit la branche des seigneurs de Pontos et de Creixell. La seigneurie de Creixell fut érigée en comté par le roi Charles II, le 20 novembre 1691. La branche espagnole s'éteignit en ligne directe au milieu du XIXe siècle. Le titre de comte de Creixell fut transféré le 7 mai 1969 à don Vicente Cebrian Sagarriga, puis le 6 novembre 1997 à son fils, don Vicente Cebrian Sagarriga-Suarez Llanos. De la branche espagnole est issu un rameau établi en Roussillon, à Alenya, vers le milieu du 17e siècle. Ce rameau dit «des seigneurs d'Alenya» s'allia, au XVIIIe siècle, avec les familles Dubois de Boisambert et de Chefdebien d'Armissan. La branche cadette de la maison vicomtale de Chefdebien d'Armissan prit au 19e siècle le patronyme «Chefdebien-Zagarriga», et le titre de baron (7)>. Le relèvement du nom fut l'objet d'une querelle entre les Chefdebien et les Çagarriga, ces derniers le jugeant avec raison sans véritable nécessité (8). Enfin, Gaspard de Çagarriga et d'Entici, frère des deux précédents, est à l'origine de la branche principale roussillonnaise, dite «branche de Millas». Tableau généalogique 2 : vers les trois branches espagnole, italienne et française Troisième époque : la branche de Millas Gaspard de Çagarriga et d'Entici était venu s'établir en Roussillon et acheta plusieurs champs situés à Millas, comme en témoignent différents actes notariés datés du 12 août 1555, du 11 novembre 1562 et du 20 août 1567 (9, 10). En 1788, son descendant, Jean de Çagarriga d'Anglade, dut faire ses preuves de noblesse devant Chérin, généalogiste du Roi, afin d'obtenir l'admission de son fils aux Ecoles Militaires : les premiers documents produits furent ces trois actes. La noblesse des Çagarriga y était attestée par la mention de différents qualificatifs nobiliaires, portés par les Catalans, tels «don Gaspard de Çagarriga, damoiseau...», «Illustre...» (9). Gaspard de Çagarriga et d'Entici mourut en 1574, laissant un fils unique, Gaspard de Çagarriga et Ros, de son mariage avec Monica Ros. Celui-ci, domicilié à Perpignan, épousa en 1599 Mancia Ballaro, dont il eut trois filles et un fils, Joseph de Çagarriga et Ballaro, né en 1613, qui poursuivit la lignée. D'un premier mariage avec Engracia Galindez de Terreros, Joseph eut trois enfant, dont l'aîné fut prénommé Gaspard. Alors qu'il était tout jeune, celui-ci tomba gravement malade. Ses parents, qui avaient une grande dévotion à la Vierge, firent le vœu de fondre leur argenterie et d'en faire une statue de l'Immaculée Conception, si la guérison de l'enfant leur était accordée. Ce fut chose faite en 1639. La situation confuse qui régnait alors en Catalogne contraignit Joseph de Çagarriga à différer la réalisation de son vœu. La statue fut finalement réalisée à Barcelone en 1666. Des fêtes somptueuses furent alors organisées à Millas pour l'accueil et la vénération de la statue. L'abbé Capeille rapporte la description qu'en fit Joseph de Çagarriga dans son registre de mémoires (11) :
Après le décès de son épouse, Joseph de Çagarriga se remaria avec Madeleine Esprer. Il n'eut pas d'enfant de son second mariage et décéda à Perpignan, le 26 août 1685. Son fils, Gaspard de Çagarriga et Galindez de Terreros, embrassa la carrière militaire et mourut en 1691, à l'âge de 55 ans, laissant un fils unique, François, de son mariage avec Marie de Ros. François de Çagarriga et de Ros eut deux enfants d'un premier mariage, Marie et Gaspard de Çagarriga et de Blanes, décédés tous les deux sans postérité. Gaspard était marié avec la fille d'Ange-Charles Delpas de Camporells, baron de Saint-Marsal, dont la dernière descendante devait épouser en 1851 le père d'Henri de Çagarriga, dernier du nom, de sorte que ces deux nobles maisons du Roussillon s'éteignirent presque en même temps. D'un second mariage avec Cécile de Réart, François de Çagarriga et de Ros eut cinq enfants, dont un fils, Joseph, qui poursuivit la lignée. Joseph de Çagarriga et de Réart était né en 1697. Il épousa en 1726 la fille de l'Aide de camp du maréchal duc de Noailles, Françoise d'Anglade et de Rocabruna. Leur union fut, selon les sources, plus ou moins féconde, puisqu'on leur attribue sept à douze enfants, à moins que dans un cas, on ait omis de mentionner des enfants morts-nés ou décédés en bas âge (4, 12, 13). Parmi ceux-là, François et Gaétan firent une brillante carrière militaire. Né en 1741, François fut d'abord lieutenant au régiment de Belzunce en 1758 et fit les campagnes d'Allemagne. En 1765, il passa à Saint-Domingue et resta environ huit ans à l'Armée des Iles. Il fut nommé capitaine en 1774, et décoré de la croix de chevalier de Saint-Louis en 1781. En 1791, il fut promu lieutenant-colonel puis passa l'année suivante à l'armée des Princes. Grièvement blessé par balles en 1796, il se retira à Londres avec le grade de colonel. Louis XVIII le récompensa pour les services rendus en le créant maréchal de camp honoraire en janvier 1815. Il avait épousé à Londres Marie-Louise de Gosson en 1807, et décéda sans postérité à Paris, le 25 septembre 1817. Gaétan était né en 1742 et entra au service du Roi en 1758, le même jour que son frère François, mais au régiment de Flandre. Sa carrière fut cependant plus brève, puisqu'il mourut en janvier 1781 à Saint-Domingue, décoré de la croix de Saint-Louis, particulièrement apprécié pour son intelligence et son instruction. Leur frère aîné, Jean de Çagarriga d'Anglade, né en mars 1728, joua un rôle prédominant au sein de la noblesse roussillonnaise. En janvier 1789, il était l'un des commissaires de l'Ordre de la noblesse, parmi lesquels on trouvait les marquis d'Aguilar et d'Oms, ainsi qu'Antoine de Ros. Arrêté en mai 1793, il fut délivré lors de son transfert vers Montpellier par une compagnie de dragons appelés «les foudroyants». Il émigra alors en Espagne et, de retour en Roussillon, mourut à Perpignan en juillet 1801, laissant un fils unique, Augustin, de son mariage avec Augustine de Ros. C'est pour son fils, rappelons-le, qu'il avait été amené à produire, le 3 octobre 1788, ses preuves de noblesse devant Chérin, remontant sa généalogie jusqu'en 1555. Les documents présentés consistaient en un ensemble d'actes notariés, d'achat ou de succession, qu'il fallut faire traduire du catalan au français.
Le fils aîné d'Augustin de Çagarriga et de Ros, Gaspard, poursuivit la «branche de Millas». Né en 1807, il embrassa très tôt une carrière militaire au cours de laquelle il se distingua notamment par ses compétences en matière de cartographie. Il épousa en avril 1843 sa cousine Perpétue de Llucia, fille de sa tante maternelle Louise de Guanter.
Marie-Magdeleine épousa en 1907 Jean du Moustier, marquis de Canchy, avec descendance dans les familles du Moustier de Canchy et Claret de Fleurieu ; Marthe épousa en 1910 Gonzague de Bengy, dont elle eut deux filles et deux fils (d.p.) ; enfin, Jeanne s'unit en 1913 au comte Edouard Copin de Miribel, dont elle eut huit enfants (d.p.). Raymond de Çagarriga mourut à Paris le 11 avril 1927, dans sa 82e année : avec lui s'éteignait la branche de Millas. Tableau généalogique 3 : La branche de Millas (1) Quatrième époque : vers l'extinction, la branche de La Grange Le troisième fils d'Augustin de Çagarriga et de Ros, Raymond, est à l'origine d'une branche cadette qui devint branche principale à l'extinction de la «branche de Millas» en 1927. Raymond de Çagarriga, né en octobre 1818, décédé en janvier 1902, fut d'abord officier de Marine avant de revenir dans le civil et d'entrer au Conseil de Préfecture des Pyrénées Orientales, dont il assura la présidence. Chevalier de la Légion d'Honneur, il reçut dans cet Ordre son neveu Raymond, fils de son frère Gaspard, le 2 octobre 1899.
Gabrielle et Huguette naquirent au château de La Grange, sur la commune de Villelongue dels Monts, et leur mère y décéda en novembre 1917. En France, la famille Çagarriga n'était pas titrée. Woelmont de Brumagne, dont il faut parfois lire les notices avec une certaine prudence, précise à ce sujet qu'Henri de Çagarriga «releva» les titres de marquis «donnés, par courtoisie, à quelques membres de sa famille, tant en France qu'en Espagne et, vu l'extinction, celui des Delpas de Saint-Marsal». On peut dire en tout cas qu'il en fit un usage modéré, puisque cette qualification n'est pas même mentionnée dans différents faire-parts de mariage ou de décès. Henri de Çagarriga, dernier descendant mâle de la maison de Çagarriga, mourut à Bazas, en Gironde, le 9 novembre 1939 : avec lui s'éteignait, en France, cet illustre patronyme. Tableau généalogique 4 : vers l'extinction, la branche de La Grange Les armes des Çagarriga Les armes qui ornent la fenêtre de la cour intérieure du Muséum d'histoire naturelle de Perpignan évoquent la réunion de la maison de Çagarriga à celle d'Alemany de Cervelló. C'est donc Gaspard de Çagarriga et d'Alemany, fils de Roger d'Alemany de Cervelló et de Barthélémine de Çagarriga et de Çagarriga, qui releva les armes de sa famille maternelle pour les associer à celles de son père.
Il n'est donc pas interdit de penser que l'utilisation de l'écu des dames est volontaire, et fait référence à Barthélémine de Çagarriga et de Çagarriga, héritière universelle de la maison de Çagarriga. Sur un champ pointillé (le pointillage est associé conventionnellement à l'or), a été sculpté un buisson de chêne-vert, englanté et entrelacé, dont les racines sont nettement visibles à la partie inférieure. On peut employer le terme d'armes «parlantes», puisque la figure végétale rappelle l'étymologie du nom «Çagarriga». Cette sculpture illustre tout à fait la description héraldique originale, donnée pour les Çagarriga de Catalogne : «En campo de oro, una mata de garriga, de sinople, arrancada» (14), traduite avec plus ou moins de justesse dans les armoriaux usuels français. Les traductions les plus pertinentes sont celles de Woelmont de Brumagne (4) ou de Chaix d'Est-Ange (10) : «d'or, au buisson de chêne-vert arraché et entrelacé de sinople», le terme sinople désignant la couleur vert. Il est par contre difficile de retenir la définition du Colonel Arnaud (15), «de gueules, à un buisson de sinople», qui pose deux problèmes : elle est assez imprécise, puisqu'elle ne mentionne pas la nature du buisson, ni l'attribut «arraché», qui fait référence aux racines ; elle est inexacte dans l'emploi des métaux et des couleurs. Il semble qu'il y ait confusion entre les armes originales et celles d'un rameau établi à Valence : «En campo de gules, una mata de garriga, de oro, arrancada», c'est à dire «de gueules, à un buisson de chêne-vert arraché et entrelacé d'or» (14). Dans son Armorial du Roussillon, l'abbé Cazes propose une interprétation alternative : il suggère que le pointillage du champ de l'écu peut avoir été réalisé dans un second temps, au XVIIe siècle, traduisant un glissement des armes «de gueules, à un buisson... d'or» vers «d'or, à un buisson... de sinople» (16). Au timbre de l'écu, on trouve un casque de baron, taré au tiers profil, fermé de sept grilles, surmonté d'une couronne de baron, l'ensemble faisant référence aux neufs barons de Catalogne.
A droite, toujours dans un écu de forme espagnole, figurent les armes de la maison d'Alemany : «En campo de plata, tres alas bajadas de gules», soit «d'argent, à trois demi-vols de gueules, abaissés et contournés» (5,18). Le «demi-vol» correspond à l'aile. L'épithète abaissés signifie que les rémiges retombent vers la pointe de l'écu, et contournés définit l'orientation par rapport au flanc senestre. Enfin, ces deux écus sont portés chacun par un ange.
Pour conclure... Au terme de ce parcours à la découverte de l'histoire de la maison de Çagarriga, histoire familiale dense et passionnante, qui croise souvent les chemins de l'Histoire, il ne paraîtra pas étonnant de préciser que les sources bibliographiques les plus complètes sont roussillonnaises : cet article de synthèse doit beaucoup aux ouvrages de l'abbé Capeille (1, 11) et de Philippe Lazerme de Règnes (2), qui ont travaillé en particulier sur les archives privées de la famille. Le nom des Çagarriga n'évoque sans doute que peu de choses aux jeunes générations ; il est par contre très émouvant de constater qu'il est encore prononcé avec le plus grand respect par les natifs de la première moitié du 20e siècle, autour de Millas ou de Villelongue dels Monts. Puissent ces quelques pages donner aux lecteurs de tous âges l'envie d'approfondir l'histoire, souvent méconnue, des familles de la noblesse roussillonnaise. Notes de lecture Les tableaux 1 à 4 sont volontairement très simplifiés et s'attachent surtout à montrer le continuum dans la transmission du nom des Çagarriga, ainsi que l'articulation des différentes branches de la famille, en replaçant çà et là quelques figures clés évoquées dans le texte. d.p. = dont postérité, s.p. = sans postérité Remerciements Je tiens à remercier M. le Professeur Bourgat, conservateur du Muséum d'histoire naturelle de Perpignan, qui a sollicité cet article. Je voudrais exprimer toute ma gratitude à M. Alain Sanchez, directeur du Centre d'Art Sacré d'Ille-sur-Têt, pour son accueil chaleureux, et à Mme Dominique Albernhe, responsable du service du prêt «inter-bibliothèques» à la faculté de Pharmacie de Montpellier, pour sa gentillesse, sa disponibilité et son efficacité. Bibliographie 1. Capeille J. (1914). Dictionnaire de Biographies Roussillonnaises, Imp. J. Comet, Perpignan, p.83. 2. Lazerme de Règnes P. (1975-1977). Noblesa Catalana. Cavaleros y burgesos honrats de Rossello y Cerdanya, Paris, 1, pp.220-246. 3. Capeille J. (1914). Dictionnaire de Biographies Roussillonnaises, Imp. J. Comet, Perpignan, pp.85-86. 4. Woelmont de Brumagne H. (1931-1935). Notices généalogiques, Ed. G. Saffroy, Paris, 8, pp.540-544. 5. Lazerme de Règnes P. (1975-1977). Noblesa Catalana. Cavaleros y burgesos honrats de Rossello y Cerdanya, Paris, 1, pp.65-69. 6. Capeille J. (1914). Dictionnaire de Biographies Roussillonnaises, Imp. J. Comet, Perpignan, pp.91-92. 7. Jougla de Morenas H. (1934-1949). Grand Armorial de France, 2, pp.427-428. 8. Lazerme de Règnes P. (1975-1977). Noblesa Catalana. Cavaleros y burgesos honrats de Rossello y Cerdanya, Paris, 1, p.220. 9. Bibliothèque Nationale de France (Paris), Département des manuscrits, Cabinet des titres. Fonds Chérin, 43, dossier 898 : Çagarriga. 10. Chaix d'Est-Ange G. (1909). Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, 8, pp.79-80. 11. Capeille J. (1989 - réédition de l'ouvrage paru en 1900). Histoire de Millas, Res Universis, Paris, pp.207-209. 12. Lazerme de Règnes P. (1975-1977). Noblesa Catalana. Cavaleros y burgesos honrats de Rossello y Cerdanya, Paris, 1, pp.234-235. 13. Capeille J. (1914). Dictionnaire de Biographies Roussillonnaises, Imp. J. Comet, Perpignan, p.95. 14. Garcia Carraffa A. y A. (1968). El Solar Catalan, Valenciano y Balear, Libreria Internacional, San Sebastian, 4, pp.99-100. 15. Arnaud E. (2000). Répertoire de généalogies françaises imprimées. Version CD-Rom, Ed. Alsyd. 16. Cazes A. (1983-1985). Armorial du Roussillon, Revue Conflent, Prades. 17. Garcia Carraffa A. y A. (1968). El Solar Catalan, Valenciano y Balear, Libreria Internacional, San Sebastian, 2, p.10. 18. Garcia Carraffa A. y A. (1968). El Solar Catalan, Valenciano y Balear, Libreria Internacional, San Sebastian, 1, pp.46-54. 19. Révérend A. Vte (1974). Titres, anoblissements et pairies de la Restauration 1814-1830, Librairie Honoré Champion, Paris, 3, pp.276-277. 20. Ferrer I Vives F. d'A. (1995). Heraldica Catalana, Editorial Milla, Barcelone, 1, p.204. Cet article a été publié dans les Annales du Muséum d'Histoire naturelle de Perpignan, n° 13, 2004 : pp.1-15. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||