![]() | Le mythe des Atrides | ||
MythesTroie Atrides Iphigénie Ecrivez-nous Recherchez Copyright Aspirateurs | Lucrèce - De Natura rerum, I, v.81-101Mais j'éprouve une crainte. Peut-être vas-tu croire qu'on t'initie à des doctrines impies et qu'on t'ouvre la voie du crime ? Au contraire, c'est la superstition qui a enfanté trop d'impiétés criminelles. Rappelle-toi la honte d'Aulis, l'autel de Diane, de la chaste déesse, souillé du sang d'Iphigénie par l'élite des chefs grecs, la fleur des guerriers. Quand le bandeau funèbre eut enveloppé la coiffure virginale de la jeune princesse et fut retombé également des deux côtés de son visage, qu'elle vit que son père était là, devant l'autel, accablé de douleur et, près de lui, les prêtres dérobant aux yeux la vue du couteau, et tout autour le peuple fondant en larmes à son aspect, alors, muette de terreur, elle fléchit les genoux et tomba. La malheureuse ! que lui servait en un tel moment d'avoir la première donné à un roi le nom de père ? Des mains d'hommes la saisissent et, tremblante, l'emportent à l'autel ; non pour qu'une fois accomplies les cérémonies saintes, un éclatant cortège d'hyménée la conduise, mais pour que, laissée vierge par le crime, au temps même de l'hymen, elle tombe, triste victime, immolée par un père qui veut obtenir des dieux pour sa flotte un heureux départ. Tant la superstition a pu conseiller d'horreurs !Traduction d'Henri Clouard (1931) | ||