Littérature grecque
Pour obéir à sa mère Aphrodite, Enée avait suivi Pâris en Grèce lors de l'enlèvement d'Hélène ; après la destruction de Troie, les Grecs lui réservent un traitement tout à fait particulier : il est directement libéré et livré à Néoptolème avec Andromaque et probablement Hélénus. Oreste sera son libérateur après avoir tué Néoptolème.
Procli Chrestomathia, Chants cypriensAlors Alexandre, conseillé par Aphrodite, bâtit ses nefs et Hélénus lui prédit l'avenir. Aphrodite commande à Enée de partir avec lui, tandis que Cassandre prophétise ce qui arrivera. |
Chez Virgile, le héros se réfugie sur le mont Ida après avoir tenté en vain de défendre Troie ; au contraire, c'est lors de l'épisode de Laocoon que cela serait arrivé, d'après l'auteur de l'Ilioupersis. Mais Enée dit à Didon avoir été fort bouleversé par l'apparition des deux monstres (Aen. II 228-9) :
tum uero tremefacta nouus per pectora cunctis
insinuat pauor...
Iliou persisA ce moment paraissent deux serpents qui tuent Laocoon et l'un de ses enfants. |
Il n'est pas ici question de trahison, mais il paraît évident que Virgile ne suit pas à ce propos, comme il fait d'habitude, le récit du Cycle. Plus intéressants, sans doute, ces deux fragments de la Petite Iliade :
Petite Iliade, Fragments
|
On y affirme qu'Enée après la guerre eut une destinée tout à fait différente de celle dont parle Virgile, et surtout qu'il fut libéré par les
Grecs : pourquoi ? est-ce ici que naît l'histoire de la trahison ?
Même Créüse, en tant qu'épouse d'Enée, aurait joui elle aussi d'un destin favorable : or ce n'est pas ce que dit Virgile.
Pausanias, X 26,1A propos de Créüse, ils disent que la mère des dieux et Aphrodite la sauvèrent de l'esclavage chez les Grecs, parce que Créüse était aussi la femme d'Enée ; tandis que Leschès et l'auteur des Cypria font d'Eurydice la femme d'Enée. Denys d'Halicarnasse - Antiquités romaines, I, 46 à 48XLVI. 1. Quand Troie fut prise par les Achéens, soit par le stratagème du cheval en bois, comme le représente Homère, soit par la trahison des
Anténorides, soit d'une autre façon, la plus grande partie des Troyens et de leurs alliés dans la ville furent massacrées alors surpris dans leurs lits ; (il
semble que cette calamité s'abattit sur eux la nuit, alors qu'ils n'étaient pas sur leurs gardes.) Mais Énée et ses alliés de Troie, qu'il avait
ammenés des villes de Dardanus et d'Ophrynium pour venir en aide aux gens d'Ilium, et aussi d'autres qui s'étaient aperçus tôt de la calamité au moment
où les Grecs prenaient la ville basse, se sauvèrent ensemble dans la forteresse de Pergame, et occupèrent la citadelle défendue par son propre mur : là
étaient déposés le patrimoine sacré de Troie hérité de leurs pères et de grandes richesses en objets de valeur, comme il est normal dans
une citadelle, là aussi se trouvait postée l'élite de leur armée. Dion Chrysostome, Discours XI, 137-140
This is the gloomy and weak state into which the fortune of Greece fell after the war, while that of Troy became much brighter and more glorious. On the one hand, Aeneas was sent by Hector with a large fleet and force of men and occupied Italy, the most favoured country in Europe ; and, on the other, Helenus penetrated into the interior of Greece and became king of the Molossians and of Epirus near Thessaly. And yet which was the more probable: that a vanquished people should sail to the land of their conquerors and reign among them, or that, on the contrary, the victors should sail to the land of the conquered ? Furthermore, if, when Troy fell, Aeneas, Antenor, Helenus, and their people fled, why did they not betake themselves anywhere else rather than to Greece and Europe, or content themselves with occupying some place in Asia, rather than sail straight to the land of those who had driven them out? And how did they all come to rule over regions by no means small or obscure, when they might have seized Greece also ? But, one says, they refrained on account of their oaths. Still, Helenus cut off no small part of it, namely, Epirus. Then Antenor acquired dominion over the Heneti and the very best land about the Adriatic, while Aeneas became master of all Italy and founded the greatest city in the world. Now it does not stand to reason that men driven into exile and crushed by calamities at home accomplished such things, but rather that they would have been satisfied to be allowed to settle anywhere, especially when one considers with what humble resources whether of men or of money they would have had to come, fleeing through the midst of the enemy, their city lying in ashes and everything lost, when it would have been hard for the young and vigorous to save even their lives, to say nothing of setting forth with wives, children, parents, and property, when, to make matters worse, their city had been taken suddenly and contrary to their expectation, and they would not have departed gradually as men are vont to do when there has been a formal agreement. Nay, what did happen was a thing that could happen. The story goes that after the Achaeans sailed away there was a great multitude assembled in the city, and that the allies were not all inclined to depart, and that, further, Hector discovered that Aeneas would not be satisfied if he did not get some share in the royal power, as Priam had promised him, so he claimed, if he saw the war through to the end and expelled the Achaeans ; so Hector sent the colonists forth, generously supplying means and despatching with Aeneas as large a force as he wished, with all goodwill. |
Littérature romaine
Claudius Tiberius Donatus - Interpretationes Virgilianae, ad Aen. II 200
(Poeta) omni occasione purgat (Aeneae) crimen perditae civitatis... Commentaires divers de Servius sur l'Enéide
Tite-Live, Ab Urbe condita, liber I, 1Iam primum omnium satis constat Troia capta in ceteros saeuitum esse Troianos, duobus, Aeneae Antenorique, et uetusti iure hospitii et quia pacis reddendaeque Helenae semper
auctores fuerant, omne ius belli Achiuos abstinuisse. Horace - Carmen saeculare, 37-44
Commentaire de Porphyrion, ad locum : Cui per ardentem sine fraude Troiam.Non « sine fraude ardentem Troiam », cum utique fraude Graecorum incensa Troia sit, sed « sine fraude Aeneas patriae superstes ». Sénèque - Ad Helviam matrem, VII, 5-7Omnes autem istae populorum transportationes quid aliud quam publica exilia sunt ? Quid te tam longo circumitu traho ? Quid interest enumerare Antenorem Pataui conditorem et Euandrum
in ripa Tiberis regna Arcadum conlocantem ? Quid Diomeden aliosque quos Troianum bellum uictos simul uictoresque per alienas terras dissipauit ? Romanum imperium nempe auctorem exulem
respicit, quem profugum capta patria, exiguas reliquias trahentem, necessitas et uictoris metus longinqua quaerentem in Italiam detulit. Hic deinde populus quot colonias in omnem
prouinciam misit ! ubicumque uicit Romanus, habitat. Sénèque - De Beneficiis, VI, 36, 1Quis pium dicet Aenean, si patriam capi voluerit, ut captivitati patrem eripiat ? Tertullien, Ad nationes, II, 9[12] Patrem Indigetem Aenean crediderunt, militem numquam gloriosum, lapide debilitatum. Quod telum quantum uolgare atque caninum, tanto ignobile uolnus. Sed et proditor
patriae Aeneas inuenitur, tam Aeneas quam Antenor. [13] Ac si hoc uerum nolunt, Aeneas certe patria flagrante dereliquit socios, feminae Punicae subiciendus, quae maritum Hasdrubalem,
Aeneae timiditate in his supplicantem hosti, non comitata, raptis secum filiis formam et patrem sibi habere non in fugam sapit, sed in ignes ardentis Carthaginis ut in amplexus
patriae pereuntis incubuit. [14] Pius Aeneas ob unicum puerum et decrepitum senem Priamo et Astyanacte destitutis ? Atquin Romanis magis detestandus, qui pro salute principum et domus
eorum aduersus liberos et coniuges et omne pignus suum deierant. [15] Consecrant filium Veneris, et hoc Volcanus sciens patitur et Iuno concedit. [16] Si baiuli parentum in caelo
sedent, cur non potius Argiui iuuenes dei habiti, quod matrem, ne in sacris piaculum committeret, plus quam humano more iugales prouexerunt ? [17] Cur non magis dea, quae magis pia, illa
filia patris in carcere fame defecti uberibus suis educatrix ? [18] Quid aliud Aeneae gloriosum, nisi quod proelio Laurentino nusquam comparuit? Rursus forsitan solito more quasi desertor
e proelio fugerit. |
Merci au professeur Francesco Chiappinelli de nous avoir fourni ces textes.
Vous pouvez naviguer sur le site : Cultura e scuola
Si vous voulez lui écrire, vous pourrez le faire à cette adresse :