La guerre de Troie


 

 

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Impius Aeneas

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Impius Aeneas

 

Tertullien, Ad nationes, II, 9

[12] Patrem Indigetem Aenean crediderunt, militem numquam gloriosum, lapide debilitatum. Quod telum quantum uolgare atque caninum, tanto ignobile uolnus. Sed et proditor patriae Aeneas inuenitur, tam Aeneas quam Antenor. [13] Ac si hoc uerum nolunt, Aeneas certe patria flagrante dereliquit socios, feminae Punicae subiciendus, quae maritum Hasdrubalem, Aeneae timiditate in his supplicantem hosti, non comitata, raptis secum filiis formam et patrem sibi habere non in fugam sapit, sed in ignes ardentis Carthaginis ut in amplexus patriae pereuntis incubuit. [14] Pius Aeneas ob unicum puerum et decrepitum senem Priamo et Astyanacte destitutis ? Atquin Romanis magis detestandus, qui pro salute principum et domus eorum aduersus liberos et coniuges et omne pignus suum deierant. [15] Consecrant filium Veneris, et hoc Volcanus sciens patitur et Iuno concedit. [16] Si baiuli parentum in caelo sedent, cur non potius Argiui iuuenes dei habiti, quod matrem, ne in sacris piaculum committeret, plus quam humano more iugales prouexerunt ? [17] Cur non magis dea, quae magis pia, illa filia patris in carcere fame defecti uberibus suis educatrix ? [18] Quid aliud Aeneae gloriosum, nisi quod proelio Laurentino nusquam comparuit? Rursus forsitan solito more quasi desertor e proelio fugerit.

[12] Ils font grand bruit du courage de leur père Enée, soldat sans gloire qu'une pierre suffit à renverser. Plus le projectile était vulgaire et digne d'un chien, plus la blessure est déshonorante. Il y a mieux, je déclare qu'Enée a trahi sa patrie, Enée comme Anténor. [13] S'ils le contestent, qu'ils se souviennent qu'Enée abandonna ses compagnons, pendant que sa patrie était en flammes, mille fois au-dessous de cette Carthaginoise qui, loin d'accompagner Asdrubal, son époux, dont la pusillanimité demandait grâce à l'ennemi avec des paroles bien dignes d'Enée, prit ses enfants, non pour traîner avec soi des simulacres religieux et son père, mais pour se précipiter avec eux dans les flammes de Carthage, afin d'embrasser une dernière fois sa patrie mourante. [14] Enée fut surnommé le pieux, pour avoir sauvé son fils unique et un vieillard affaibli par les années ; mais il abandonna Priam et Astyanax. Je ne dis point assez. Il devrait être maudit par les Romains, qui, pour le salut de leurs princes et de leur famille, sacrifient tout, enfants, épouses, patrimoine. [15] Vous transformez en dieu le fils de Vénus, et cela sans que Vulcain s'y oppose, sans que Vénus s'en étonne. [16] Si vous avez introduit dans l'Olympe jusqu'aux chevaux de vos ancêtres, que n'y avez-vous placé de préférence ces deux jeunes hommes d'Argos qui, pour conduire leur mère au temple, s'attelèrent eux-mêmes à son char, parce que les boeufs manquaient, dévouement plus qu'humain ? [17] Pourquoi n'avez-vous pas fait une déesse de cette fille si pieuse qui, dans la prison, nourrit de son lait son vieux père condamné à mourir de faim ? [18] Quelle est donc la gloire d'Enée, sinon de ne s'être pas montré au combat de Laurentum, où il quitta, selon sa coutume, le champ de bataille comme un lâche déserteur ?


© Francesco Chiappinelli pour tout ce module.