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La société Agricole, Scientifique et Littéraire
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Adieux au Roussillon

 

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F. Solliers

Il faut quitter notre belle patrie !
Des flots je vais braver le tourbillon...
0ù retrouver cette rive fleurie,
Le ciel d'azur de notre Roussillon ?
Près de la Tet, sous de riants ombrages,
Ah ! laissez-moi... que je meure en ce lieu ;
Mais, ô douleur! pour de lointains rivages
Il faut partir... mon doux pays, adieu !

Quand du soleil la brillante lumière,
A l'horizon, s'éteindra chaque soir,
Qui me rendra ma verte Pépinière,
Que, désormais, je ne dois plus revoir...
Car, maintenant, loin de nos Pyrénées,
Ces fiers géants, aux entrailles de feu,
S'achèveront mes tristes destinées ;
Il faut partir... mon doux pays, adieu !

Je fuis, hélas, seul et sans espérance...
Que la fortune a de cruels retours !
Plaignez, plaignez mes maux et ma souffrance ;
Pour l'exilé sont finis les beaux jours!...
Plus de chansons, de danses catalanes ;
Pauvre proscrit, je n'irai plus, mon Dieu !
Ivre d'amour, rêver sous les Platanes...
Il faut partir... mon doux pays, adieu !!

 


© S.A.S.L. des P-O.
Ce poème a été publié dans le volume VI(2) du Bulletin de la SASL, 1845, p.254.