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Duchalmeau, Jean-Baptiste, né à Caunes (Aude), en 1770, mort à Perpignan le 19 frimaire an XIII, (1804), négociant, maire de cette ville avant, pendant et après le Consulat.

Le général Augereau (1), commandant la 10e Division militaire, et le lieutenant-général Despinoy, commandant la place de Perpignan, avaient voulu plusieurs fois empiéter sur les droits de l'autorité municipale. Le Maire, dont la fermeté égalait l'outrecuidance des Généraux de la République, avait toujours su se faire respecter par eux, en les mettant à leur place.

Dans une occasion, Augereau ayant à se plaindre d'un habitant de la ville, se présenta cavalièrement, le chapeau sur la tête, à la mairie, devant Duchalmeau, qui, après l'avoir entendu, lui dit : «Général, tu oublies que tu parles au premier Magistrat de la cité, auquel tu dois le respect. Je ne recevrai ta réclamation que lorsque tu te présenteras convenablement devant moi». Puis Duchalmeau quitta brusquement le Général, qui resta tout étourdi de cette leçon de convenance.

Excellent administrateur, Duchalmeau était juste, mais sévère envers tous, riches ou pauvres ; la faveur ni l'intrigue n'avaient aucun accès auprès de lui ; il se faisait aimer et craindre. Sa seule présence dissipait un attroupement séditieux ; il n'employait jamais la force en pareil cas. Son nom était un épouvantail pour les agitateurs et une sauvegarde pour les gens paisibles.

Le 6 frimaire an XI (1802), il prit un arrêté qui défendait la mendicité dans la ville de Perpignan. Il comptait sur les dons volontaires pour fonder un hospice, où les pauvres et les vieillards infirmes auraient été reçus ; mais les dons lui ayant fait défaut, il mourut avec le regret de n'avoir pu accomplir une oeuvre si utile, et dont la nécessité se fait encore sentir de nos jours.

Sa mort fut un deuil public : la population entière de la ville accompagna ses restes à la dernière demeure. C'est le plus éclatant témoignage d'affection que l'on puisse donner au citoyen et au magistrat.

Une rue de Perpignan porte son nom.

Joseph Sirven, Membre résidant.


(1) Le Général de division Augereau, devenu plus tard Maréchal de l'Empire, commandait la 10e Division militaire, dont le siège était à Perpignan, pendant l'an VI et l'an VII de la République (1798 et 1799).


© S.A.S.L. des P-O.
Cette notice biographique a été publiée dans le volume X du Bulletin de la SASL, 1856, pp.508-509