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Le pharmacien Farines - Aux origines de la S.A.S.L.

 

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Cyr DESCAMPS, Maître de Conférences à l'Université de Perpignan

Origine d'une enquête

Le préhistorien que je suis devrait vous entretenir de préhistoire... Mon propos prendra une autre direction pour des raisons que je vais brièvement évoquer.

Affecté en 1982 à l'Université de Perpignan dans un département d'Histoire, je n'ai pas été sans subir l'influence de mes collègues et me suis tourné, ces derniers temps, vers l'histoire des sciences. Après avoir présenté, en 1995, une communication sur l'histoire des recherches archéologiques en Afrique Occidentale Française, à l'occasion du centenaire de cette institution célébrée avec faste à Dakar, je me suis intéressé à la biographie d'un archéologue encore vivant à l'époque et que nous comptions honorer, le regretté Georges Claustres, dont j'ai recueilli les souvenirs. G. Claustres nous a quitté le 14 janvier 1997 et c'est un hommage posthume que nous lui avons rendu.

En 1999 s'est tenu, à Elne, un colloque à la mémoire d'un autre archéologue que j'ai eu le plaisir de connaître sur la fin de sa vie, Roger Grau. A cette occasion, j'ai essayé de faire le point, avec Jean Abélanet, sur l'histoire des recherches dans le plus célèbre des gisements préhistoriques roussillonnais, la Cauna de l'Arago à Tautavel. Comme il se doit, c'est J. Abélanet qui a traité des recherches récentes, celle menées à partir de 1918, date où il a identifié les premières pierres taillées. Je me suis, quant à moi, chargé du XIXeme siècle et des tous premiers travaux. Ceux-ci ont commencé plus anciennement qu'on le disait puisque la Notice sur la caverne à ossemens d'Argou (Pyrénées Orientales) date de 1829. Cet article de 30 pages, paru dans les Annales des Sciences Naturelles, est co-signé par un naturaliste montpelliérain célèbre, Marcel de Serres (1782-1862) et par un certain Farines, sans indication de prénom. Qui était ce Farines ?

J. Abélanet m'a fourni la première piste de recherche : consulter le précieux «Essai de bibliographie roussillonnaise» de René Noëll. Effectivement, au nom de Farines, précédé parfois des initiales J. ou J.N., sont répertoriées une vingtaine de références, des articles publiés dans les années 1820-1830, principalement dans le Bulletin de la Société Philomathique de Perpignan qui, comme on le sait - mais on y reviendra - est l'ancêtre de la S.A.S. L.

J'ai donc pu apprendre que ce Farines était pharmacien, la mention figurant parfois après son nom, et qu'il s'était intéressé aux diverses branches des sciences naturelles, particulièrement aux sciences de la terre, paléontologie, minéralogie et hydrogéologie. Mais je n'ai pu connaître ni son état-civil, ni même son prénom. Par contre, d'une manière très indirecte, j'ai pu vérifier mon hypothèse, à savoir que c'était bien lui et non Marcel de Serres (mais, c'est bien connu, on ne prête qu'aux riches...) qui était l'inventeur de la Cauna de l'Arago. En effet, dans une note sur une dent fossile publiée en 1834 avec Fauvelle, on peut lire : «C'est surtout avec le genre Rhinocéros que nous lui avons trouvé de l'analogie... l'un de nous a déjà constaté la présence de restes de Rhinocéros dans notre département, dans une notice sur une caverne à ossements qu'il a découvert au territoire de Vingrau et inséré dans les Annales des Sciences Naturelles».

On pourra s'étonner qu'il ait fallu attendre la fin des années 1990 pour rendre à César ce qui est à César, c'est-à-dire à Farines la paternité de la découverte du gisement paléontologique de Tautavel. La raison en est que cette note sur la dent fossile a été publiée deux fois, d'abord dans Le Publicateur, puis dans le t.l du Bulletin de la Société Philomathique. Or cette seconde publication ne comporte pas la phrase précitée.

En saura-t-on plus sur les circonstances de la découverte ? Nous pouvons l'espérer. Le 29 novembre 2000 ont été mis aux enchères, à Lyon, divers manuscrits et autographes. Un lot, portant le n° 68, concernant la «première exploration de la caverne de Tautavel» est qualifié de «très important dossier comprenant plusieurs manuscrits et 3 lettres, env. 33 pp, généralement in-4 1828-1829». Adjugé 4 500 F., ce lot a été préempté par le Laboratoire de Préhistoire du Muséum National d'Histoire Naturelle. La publication de ces documents devrait lever le voile sur les premières recherches. En effet, il s'agit du manuscrit autographe de M. de Serres avec corrections, 9 pp. in-4 (1828-1829) de la Notice sur la caverne à ossenteus d'Argou (Pyrénées orientales). S'y adjoint «un ensemble de manuscrits autographes dont la moitié de la main d'un autre paléontologue» ainsi que «trois lettres autographes signées de J.N. Farines, pharmacien et conchyliologiste, codécouvreur de la caverne, 7 pp. in-4 et in-8, Perpignan 1828-1829», lesquelles sont qualifiées de «très intéressante correspondance en grande partie consacrée à l'analyse des ossements de la caverne d'Argou». On a donc là des renseignements de première main qui vont permettre de préciser la part de chacun des «codécouvreurs» que, jusqu'à plus ample informé, nous préférons nommer «co-signataires de la première publication».

Un savant oublié

Mais qui était au juste ce Farines ? La seconde étape de ma recherche est partie, elle aussi, d'un hommage. Après Roger Grau, les archéologues du département ont souhaité honorer Jean Abélanet - celui-ci de son vivant, ce qui est somme toute préférable ! - en organisant un colloque, qui s'est tenu en mai 2001 à l'Université de Perpignan. Il me fallait proposer un sujet de communication. Pensant au rôle de Jean dans la mise en évidence du remplissage archéologique de l'Arago, rôle éclipsé, si l'on peut utiliser cette métaphore, par celui d'Henry de Lumley, auteur des fouilles et des publications, j'ai fait le rapprochement avec ce qui s'était déjà produit au XIXe s. où, du binôme de Serres - Farines, on n'a retenu que le premier terme. Pour rétablir une vérité oubliée, mon intervention était intitulée : «Le véritable découvreur de la Cauna de l'Arago à Tautavel».

Je dois ici remercier ceux qui m'ont aidé dans mes investigations, et particulièrement Fernand-Gérard Belledent, qui a mis à ma disposition les archives de la S.A.S.L. qu'il préside depuis 1987, et qui m'a donné un véritable fil d'Ariane en m'indiquant que Farines avait été conseiller municipal à Perpignan. Les archives de celui-ci m'ont été communiquées sous les auspices de Michelle Ros et leur dépouillement a été fructueux. Le prénom enfin retrouvé du pharmacien, Joseph, a permis d'autres recherches aux archives départementales à l'instigation de Christiane Langé ; ses collaborateurs, Serge Roca et André Peyre, ont mis la main sur les registres où figurent les actes de naissance, de mariage et de décès de Joseph Farines. Ces indications ont été complétées par les informations fournies par Jean Donnezan, arrière-petit neveu du pharmacien. Enfin Jean Abélanet, qui s'est reconnu pratiquement «pays» avec Farines puisque leurs communes de naissance, Rivesaltes et Espira-de-l'Agly, sont voisines, a retrouvé, dans le cimetière de ce dernier village, la tombe de son prédécesseur dans l'exploration scientifique de la Cauna de l'Arago.

Après quelques semaines de recherches, j'avais accumulé assez de documents pour rédiger une communication qui sera publiée dans les actes du Colloque. Je ne retiendrai ici de l'oeuvre de Joseph Farines que ce qui a trait à son action dans la cité. Je mettrai en exergue son rôle au regard de la future S.A.S.L. dont il est - je me propose de le démontrer - le véritable fondateur, et m'étendrai sur les différentes responsabilités qu'il a eu en tant que conseiller municipal de Perpignan, avec en particulier la création du Muséum d'Histoire Naturelle.

Mais commençons par quelques indications biographiques. Joseph Nabor Bonaventure Farines est né le 12 juillet 1792 à Espira-de-l'Agly et a été baptisé le même jour par Joseph Imbert, curé (jureur) de Rivesaltes. Son troisième prénom, Bonaventure, est celui de son père, qui fut le premier maire d'Espira en 1791. Son second, Nabor, orthographié sur certaines pièces Nabord ou Nabort, vient d'un martyr romain du IVe s. appelé Avold dans l'Est. Le 12 septembre 1821, il épouse sa cousine germaine, Marguerite Farines, âgée de dix-huit ans. Ils auront trois enfants, une fille, Joséphine (1822-1907), un fils, Achille (1825-1864), et une seconde fille, Léontine, en religion soeur Madeleine (1831-1915). Joseph Farines a exercé la profession de pharmacien à Perpignan, où son officine se trouvait au 44 rue des Augustins, mais a toujours conservé ses attaches à Espira, où il est mort le 7 mai 1864. Il vivait alors séparé de son épouse, déshéritée par un testament holographe, daté du ler avril 1861, par lequel il attribuait la quotité disponible à ses seuls enfants. Il a eu des obsèques religieuses le 9 mai au cimetière de son village ; un caveau familial à son nom, en état d'abandon car aucun de ses enfants n'a eu de descendance, y est toujours visible. La rue du village où se trouvait sa maison - aujourd'hui propriété municipale - porte le nom de joseph Farines.

Joseph Farines, fondateur de la Société Philomathique de Perpignan

La lecture du cahier de procès-verbaux de la Société Philomathique de Perpignan, conservé aux archives de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des P.-O. nous éclaire sur le rôle joué par notre pharmacien dans la création de la plus ancienne société savante du Roussillon.

Ces procès-verbaux manuscrits sont consignés dans un gros volume in-4°, portant sur le dos l'inscription «Société Philomathique - Procès-Verbaux t. I». Ils couvrent la période 1833 - 1854. Le volume est paginé à la plume jusqu'à la page 437, la cinquantaine de feuillets terminaux n'ayant pas été numérotés. Une liasse de deux feuillets a été insérée au début du recueil. Intitulée «Rapport à la Société Philomathique sur la nécessité d'un changement de dénomination et d'une rectification de quelques procès-verbaux. M. Sirven, rapporteur», il s'agit du compte-rendu de la séance du 25 janvier 1839. Nous en extrayons ces lignes concernant la naissance de la Société.

«... Vers la fin de l'année 1833, feu Capdebos, artiste peintre (...) conçut l'idée de fonder à Perpignan une Société Libre des Beaux-Arts, Sciences et Belles-Lettres. Il fit part de son projet à plusieurs de ses amis (...) il se décida à convoquer une quarantaine de citoyens. La réunion eut lieu chez M. de Gazagnola mais l'attente de l'artiste fut trompée, peu de personnes répondirent à son appel, et, après un débat assez animé, il fût décidé, à la majorité des suffrages, que la Société (...) ne pourrait pas s'établir à Perpignan, que notre département ne lui offrait pas de garanties d'existence. La minorité de cette réunion, mue par un sentiment contraire, se rendit le soir même chez M. Farines, pharmacien ; là, il fut convenu que l'idée heureuse de Capdebos de fonder une société à Perpignan ne devait pas être abandonnée, et, passant outre à la décision prise chez M. de Gazagnola, on convint encore qu'une nouvelle convocation aurait lieu. En effet, à quelques jours de là, MM. Farines et Sirven envoyèrent des circulaires, qu'ils signèrent, à soixante personnes de la ville. Quatorze se rendirent à leur invitation. Cette première séance eut lieu le 21 décembre 1833 à la salle du Musée. M. Farines s'en constitua le président provisoire. Il proposa de donner à la Société le nom de Société Philomathique de Perpignan et présenta à l'approbation des membres présents un projet de règlement (...)»

Il semble qu'il y ait eu, presque un an plus tard, une contestation sur le rôle du pharmacien. Nous lisons en effet dans le procès-verbal de la séance du 9 novembre 1834 : «M. Capdebos ayant pris le titre de fondateur de la Société Philomathique, un membre demande qu'elle se prononce sur ce point. La Société, tout en accordant à M. Capdebos l'heureuse idée d'une réunion scientifique dans notre département, reconnaît pour son véritable fondateur M. Farines, vice-président, dont l'activité a triomphé de tous les obstacles».

La lecture des différents procès-verbaux corrobore cette paternité. La seconde séance, qui intervient le 24 décembre, trois jours seulement après la fondation, se tient «chez M. Farines». On y nomme les «officiers» de la Société, c'est-à-dire les membres du Bureau, où l'on trouve comme président Ferrus, principal du Collège, et comme vice-président Farines, pharmacien. Cette répartition des rôles trouve son explication dans une phrase placée en fin de compte-rendu : «Il a été décidé que les séances de la Société auraient lieu provisoirement au Collège». Les statuts prévoient d'ailleurs que les fonctions ne sont conférées que pour un an, et que les membres sortants ne peuvent pas être réélus aux mêmes fonctions.

Dans les premières réunions, celles-ci étant mensuelles, on constate que Farines est le véritable animateur de la Société. Le 8 janvier 1834, c'est lui qui «dépose sur le bureau une note (...) extraite de la Société Géologique de France» traitant d'hydrogéologie, discipline chère à notre pharmacien comme on va le voir. C'est lui encore qui lit une notice sur un gisement de lignite nouvellement découvert à Paziols (Aude) : il s'agit là de la première communication entendue par les sociétaires. Toujours lors de la même séance, «la Société exprime le voeu de former une collection minéralogique (...) Trois membres, MM. Ferros, Farines et Grasset, offrent des échantillons pour le nouveau cabinet». Il y a donc là le premier acte qui conduira, quelques années plus tard, à la création d'un cabinet d'Histoire Naturelle.

Farines préside la séance suivante, qui a lieu le 5 février ; au cours de celle-ci une «commission est nommée pour la rédaction des bulletins à insérer dans les journaux du département». Farines en est un des cinq membres, ayant en charge les sciences naturelles.

Le 6 août, MM. Fraisse et Farines présentent un rapport sur une notice envoyée par Marcel de Serres concernant les puits artésiens. C'est le début d'un conflit qui entraînera, moins de deux ans plus tard, le départ de notre pharmacien. Celui-ci reste pour le moment très actif dans la Société, où l'on peut constater que, sur les trente-deux articles ou notes présentés en séance en 1834 (et publiés dans le tome 1 du Bulletin paru en 1835) dix-neuf, soit 60 %, sont signés ou co-signés de son nom. C'est lui qui préside la séance du 3 septembre.

Trois mois plus tard, lors de la séance du 3 décembre, le Bureau est renouvelé : Pierre-Francois Capdebos devient vice-président et Farines secrétaire. L'artiste peintre présidera la plupart des séances de l'année 1835. Le 7 janvier, il profite de son discours inaugural pour contester habilement le titre de fondateur attribué au pharmacien. Voici ce que nous lisons en effet (Le Publicateur, 1835, n° 7, p. 26) : «Je ne saurais trop vous remercier de l'honneur que vous me faites en me nommant vice-président (...). Toute la gloire est à vous qui avez su me comprendre dans le discours que je prononçais lors de l'ouverture de la Société libre des beaux-arts, sciences et belles-lettres et qui, par votre persévérance et votre union, avez réalisé une chose que quelques personnes croyaient impossible. Tous les éloges doivent être pour vous, et particulièrement pour M. Farines qui a si bien secondé mes intentions, quoi qu'il ait cru devoir changer le titre de cette société en celui de Philomathique ( ...)». Ce plaidoyer pro domo se passe de commentaires !

C'est Joseph Farines qui va rédiger les procès-verbaux de janvier à août 1835. A partir de septembre, il sera relayé par le vice-secrétaire, François Fraisse ; en novembre on a, pour la dernière fois, mention de son nom dans le registre. Lors de l'ultime séance de l'année, le 16 décembre, il est procédé au «renouvellement du Bureau par voie de scrutin» et six membres sont «nommés au premier tour». Farines n'en fait pas partie. Que s'est-il donc passé ?

Comme indiqué plus haut, l'affaire des puits artésiens n'est sûrement pas étrangère à ce qui paraît bien être une démission. Nous lisons en effet dans le procès-verbal du 3 décembre 1834 : «M. Marcel de Serres envoye [sic] un travail en réponse au rapport de MM. Farines et Fraisse sur la notice sur les puits artésiens et demande la publication de ce travail, qui est votée. M. Farines réclame dans l'intérêt de la question le même avantage pour une réplique (accordée)». Dans celui du 2 novembre 1835 : «Un paquet adressé à la Société est ouvert, il contient un mémoire de M. Marcel de Serres en réponse à celui de M. Farines sur les puits artésiens avec une lettre d'envoi. La société vote l'impression du mémoire». Il est probable que Farines se soit opposé à ce nouveau droit de réponse accordé à son contradicteur. Quelques jours plus tard, le 18 novembre, M. Sirven fait une déclaration : «L'un de nos membres correspondants, M. Marcel de Serres, dont les travaux scientifiques vous sont connus, vient d'obtenir une récompense des plus honorables et des plus méritées. J'ai cru devoir vous faire part de cette agréable nouvelle et vous propose l'insertion de la note suivante dans le procès-verbal de la séance de ce jour : La société des sciences de Harlem (...) a accordé à M. Marcel de Serres, professeur de géologie et de minéralogie à la faculté des sciences de Montpellier, la grande médaille d'or (...) pour un mémoire en réponse à sa question sur les cavernes des montagnes calcaires et les causes qui ont accumulé dans ces cavités souterraines les nombreux débris qu'on y rencontre. Une récompense aussi flatteuse honore tout à la fois la nation éclairée qui l'accorde, le professeur qui la reçoit et la faculté dont il fait partie. Adopté». Il n'est pas mentionné que cette adoption ait eu lieu à l'unanimité car c'est probablement plus que n'en peut supporter Farines... A ce moment, il a dû prendre ses distances par rapport à ses collègues et à la Société.

Et pourtant son engagement dans la Société était encore complet peu auparavant puisque nous savons, par le procès-verbal du 18 septembre 1835, qu'il faisait partie, avec Bouis, Jaubert de Réart et Companyo, de la «commission pour la formation du Musée départemental d'objets d'histoire naturelle» et qu'à ce titre il est aussi un des pères fondateurs du Muséum de Perpignan. Ce point sera développé plus loin.

Dans le Bulletin de la Société Philomathique de l'année 1837, Farines publie son dernier article, «Notice sur le Cebrio Xanthomerus», où il est précisé, avant sa signature : octobre 1836. Immédiatement après, nous trouvons un article de même intitulé signé par Aleron, ébéniste de son état mais passionné de zoologie, où nous lisons : «La femelle de cette espèce était restée inconnue jusqu'en 1830, époque où M. Farines la fit connaître par une très courte description (...) Dès le mois de septembre 1836, je crus pouvoir annoncer à la Société (...) que lorsque mes observations et mes découvertes sur cette espèce seraient rédigées. je me ferais un devoir de les lui communiquer. M. Farines m'a devancé, et si l'observation des mêmes faits ne nous avaient pas conduit à des résultats opposés, je me serais abstenu de faire connaître ce que j'ai pu découvrir (sur) les moeurs de cet insecte, afin de ne pas enlever la priorité à un naturaliste aussi distingué». Cette juxtaposition des deux articles est, pour le moins, révélatrice de fortes tensions existant alors dans la Société...

Nous avons quelques raisons de penser que l'abandon, en 1839, de l'appellation Société Philomathique n'est pas sans rapport avec une volonté affichée de se démarquer du fondateur. Le nom de Farines sera rapidement oublié. Il figure pour la dernière fois, avec la lettre F signifiant membre fondateur, dans la «Liste des membres composant la Société des Pyrénées-Orientales au 1er mai 1841» (Bull. Soc. des P-O., n° 5, 1841, p. 481). Aucune évocation n'est faite à la Société en 1864, année de sa mort. Et dans un discours prononcé en 1932, qui dresse le bilan de la S.A.S.L. à l'aube de son centenaire, on rappelle les conditions dans lesquelles fut fondée la Société Philomathique en citant exclusivement Pierre-François Capdebos (L. Campanaud, 1933). Une sorte de damnatio memoriae s'est abattue sur Farines...

Joseph Farines, conseiller municipal à Perpignan

La lecture des comptes-rendus des délibérations du Conseil municipal de Perpignan, conservés aux Archives de la ville (série ID) nous donne de précieux renseignements sur les activités de Joseph Farines entre 1834 et 1840.

Sous la Monarchie de juillet, le système électoral fait que, pour renouveler par moitié le Conseil municipal, les conseillers sortants vont être tirés au sort. Le 7 octobre 1834, douze vont devoir laisser leur place, parmi lesquels Louis Companyo. La séance du 3 novembre est consacrée à l'installation des conseillers nouvellement élus, dont Joseph Farines. Avec ses onze collègues, il prête serment de «fidélité au Roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du Royaume» et signe ce jour-là, pour la première fois, le procès-verbal. Les Conseillers sont au nombre de 27, maire compris, et il n'y a que deux adjoints : quand un problème particulier est posé, une commission ad hoc est nommée, comprenant habituellement trois ou cinq Conseillers, et celle-ci désigne un rapporteur. Pour les questions ordinaires (comptes, budget, contrôle des élections), il existe des commissions qu'on peut qualifier de permanentes dont les membres sont «désignés par scrutin», c'est-à-dire élus.

Farines va exercer ses fonctions avec assiduité pendant six années. Les séances ont lieu à un rythme soutenu, habituellement à 19 heures, à la Mairie, place de la Loge. Le pharmacien est très rarement absent et, s'il n'a pas pour habitude d'intervenir à tout propos dans les discussions comme certains de ses collègues, c'est un conseiller actif, à en juger par le nombre de commissions dont il fait partie et dont il est souvent le rapporteur. Pour donner une idée de la diversité et de la densité des tâches qu'il a dû assumer, nous avons dépouillé le plus soigneusement possible trois années de registres des délibérations en relevant les passages où il apparaît nominativement. Puis nous centrerons notre attention sur quelques dossiers dont Farines s'est particulièrement occupé : l'octroi, l'alimentation en eau de Perpignan et le cabinet d'Histoire Naturelle.

Trois années d'activités au Conseil municipal (1834-1836)

Dès la séance du 7 novembre, Farines est membre d'une commission chargée de réparer l'horloge de la cathédrale St Jean ; il en sera le rapporteur. Trois jours plus tard, après un exposé très technique, il fait accepter un devis de 264,82 F. On sait que les travaux ont été effectués car, le 25 mars 1835, il présente un ultime rapport où ont été approuvées les demandes de l'architecte «à l'exception de l'échelle en bois de chêne pour atteindre à la plate-forme, l'échelle existante est encore très bonne et peut servir longtemps sans danger».

Nommé membre de la commission de l'octroi le 5 février 1835, il en est le rapporteur le 6 avril et demande le remplacement de la taxe par charge ou par collier (c'est-à-dire par tête d'animal de trait) par le pesage, lequel réunit les avantages de rendre la taxe moins onéreuse pour le contribuable et d'augmenter les revenus de la ville. Il demande donc d'établir trois bascules, une à la porte Notre-Dame (actuel Castillet), une autre à la porte St-Martin et une troisième à la porte de Canet. Le Conseil municipal adopte «en entier le rapport de la commission». Cette affaire de l'octroi n'est pourtant pas réglée, comme on le verra dans les délibérations de 1837.

Le 3 juillet, il est nommé simultanément membre de la «commission chargée de réviser le tarif de l'octroi et de proposer le mode de perception» et de celle qui devra rechercher «quel est le point le plus convenable aux environs de Perpignan, et hors du rayon des fortifications militaires, pour établir un nouveau cimetière». Le 25 juillet il prononce un vibrant plaidoyer pour le forage de puits artésiens dans la ville. Il s'agit là, on le sait, d'une question qui lui est chère. Il veut certainement prouver à Marcel de Serres la supériorité de sa thèse : la controverse scientifique qui oppose les deux hommes bat alors son plein. Nous développerons cette question un peu plus loin.

Le 29 juillet, M. Farines, pharmacien - titre mentionné pour la première fois dans le registre - rejoint les quatre membres de la commission sanitaire nommés en 1832. On apprend, dans le compte-rendu du 2 août, qu'une épidémie de choléra, partie de Marseille, a envahi la commune de Gruissan. Les activités de la commission sanitaire vont former, dans les jours qui suivent, l'essentiel des travaux du Conseil municipal. Le 10 août, la commission «déclare à l'unanimité qu'il y a indispensable nécessité d'établir un hôpital de cholériques» et demande d'utiliser pour cela les locaux du Séminaire (sur l'actuel Campo-Santo). Elle prévoit une centaine de lits et la commande d'une série de mobiliers, literies et articles sanitaires. Le 11 août, nouveau rapport de la commission sanitaire sur le creusement d'égouts et l'établissement d'un «bureau de purification» entre le pont de Pierre et la porte Notre-Dame. L'épidémie ne s'est finalement pas propagée jusqu'au Roussillon. Dans les mois qui suivent, il est fréquemment nommé dans les commissions. Le 31 août, il s'agit de se prononcer sur divers travaux d'utilité publique, dont la construction d'une halle aux blés. Le 3 octobre, de s'assurer si les cours publics payés par la commune ont réellement lieu. Le 4 décembre, il est rapporteur de la commission nommée le 28 septembre précédent pour examiner la réclamation du sieur Isabeau Castel, à savoir une indemnité «pour une portion d'écurie dont il a été privé». Ayant constaté que «l'écurie, qui pouvait contenir six chevaux, ne peut en recevoir dans l'état actuel que quatre», Farines propose de lui attribuer 50 F par an, ce qui est accepté.

Le 3 décembre, nommé simultanément dans la commission chargée d'établir une caserne de gendarmerie dans l'ancien séminaire, et dans celle qui doit organiser la compagnie de sapeurs-pompiers et faire son règlement, il sera le rapporteur de ces deux commissions : le 29 décembre pour la première, et le 5 février 1836 pour la seconde. Il présente à cette date un «Projet de règlement municipal pour la compagnie des sapeurs-pompiers de la ville de Perpignan» (p. 61-64 du registre 1D 1/7) ; celui-ci comporte 29 articles groupés en cinq paragraphes : organisation de la compagnie, conservation des pompes et machines, service de la pompe, des récompenses et indemnités, des peines. Ce règlement sera discuté et adopté lors de la séance du 13 février, seuls «des articles 2 et 4 - qui traitent du nombre des officiers et sous-officiers, et de la procédure d'admission des hommes - sont supprimés comme renfermant des dispositions contraires à la loi sur la Garde Nationale». Le 29 février (on est en année bissextile...) il présente un nouveau rapport (p. 68-70) dans lequel il demande la dissolution de la compagnie des sapeurs-pompiers et sa réorganisation immédiate, ainsi que l'ouverture en Mairie de deux registres à colonnes, sur l'un desquels il y aura écrit en gros caractères compagnie municipale de sapeurs-pompiers et sur l'autre compagnie de sapeurs-pompiers de la Garde Nationale. Ces propositions sont adoptées. Il rédige donc un nouveau «Projet de règlement pour la compagnie municipale de sapeurs-pompiers à la ville de Perpignan» (p. 71-72) comportant cette fois 26 articles groupés en 4 paragraphes. Le 12 mars, ce règlement est adopté avec quelques modifications.

Toujours en février 1836, il fait adopter une révision des tarifs de l'octroi et doit s'occuper de la réclamation d'un propriétaire «dont un réverbère placé devant sa maison porte le plus grand préjudice à un mur». Il devient membre du conseil d'administration de la Caisse d'Epargne nouvellement créée par ordonnance royale (son mandat expirera le 23 novembre 1838 après tirage au sort). Le 19 février, est examinée la demande du sieur Bonhomme «qui propose de vendre à la ville pour être placé au musée une ancre de navire en fer oxidé [sic] incrustée de coquillages, trouvée sur la côte d'Alger».

Farines est nommé dans une commission chargée d'examiner la réclamation d'un particulier se disant propriétaire d'une parcelle de terrain sur le Marché Neuf (11 avril), pour l'éclairage de la ville (2 mai), membre de la commission des comptes (2 mai), pour l'établissement d'une salle d'asile (5 mai), pour examiner l'aménagement d'un chemin de grande vicinalité de Perpignan à Corbère en passant par Thuir (9 juin). Les 6 et 7 mai, il avait présenté le long rapport de la commission chargée de la révision du règlement de l'octroi, prévoyant les heures d'ouverture des bureaux en fonction des saisons, les tarifs à appliquer, les limites du rayon de l'octroi... Le 4 juin, il est rapporteur de la commission des comptes et le 1er août, élu secrétaire de la commission du budget. Le 10 août, il présente deux rapports, sur l'éclairage de la ville (1D 1/7 p. 101-105) et sur les cours publics (p. 105-106).

Le 20 août, il est nommé dans la commission pour les réparations à faire au Théâtre, et le 9 décembre pour les travaux dans l'Ecole primaire supérieure : dans son rapport, présenté le 12 décembre, il demande 350 F et «le Conseil vote une somme de 400 F destinée à cette dépense» : plus que n'a demandé le rapporteur ! Le 26 décembre a lieu l'élection de trois membres du Conseil statuant sur les listes électorales communales : Farines est le mieux élu avec 11 voix, Cuiter et Boluix le suivent avec 10 voix.

Renouvelé par moitié tous les trois ans, le conseil municipal tire au sort, le 28 mai 1837, le nom des sortants : Farines se trouvant dans la «moitié restante», son mandat va donc courir jusqu'en mai 1840. Pendant ces trois années, nous ne retiendrons que les principales affaires où le rôle de Joseph Farines est mis en évidence. Et tout d'abord le problème de l'octroi.

Nommé pour la seconde fois, le 10 juillet 1837, membre de la «commission pour la révision du tarif de l'octroi», Farines en est le rapporteur, le 21 du même mois. Il propose de nouveaux tarifs liés au pesage. Celui-ci ne sera supprimé que dans quelques cas : lorsqu'il y a encombrement aux portes, ou pour les charges de foin. Quant aux horaires d'ouverture des bureaux, ce sera «tous les jours, du lever au coucher du soleil». La discussion va se prolonger et s'animer : le 2 août, en l'absence de Farines, l'abandon du système de pesage est voté par 12 voix contre 10. Le 16 août, une nouvelle commission est nommée : elle ne comporte que des Conseillers opposés au pesage. Ce système, dont Farines est resté un chaud partisan, est de nouveau rejeté par un vote nominal où il y a 13 voix pour, dont la sienne, et 13 voix contre, dont celle - prépondérante - du président. Il est intéressant de noter que les comptes-rendus de ces séances agitées vont être transcrits intégralement dans Le Publicateur des P.-O. (1937, n° 31 et 33), ce qui constitue une nouveauté dans le département, mais n'empêchera pas cet hebdomadaire de cesser de paraître à la fin de l'année. La controverse n'est pas close : la discussion va se poursuivre produit par produit, et les partisans de la bascule, en nombre égal à ceux de la charge et du collier, vont vouloir rétablir, au cas par cas, le pesage. A deux reprises, les Conseillers hostiles à ce choix quittent la salle, ce qui oblige à lever la séance et l'on doit avoir recours à un texte réglementaire stipulant que la délibération est valable, après deux convocations régulièrement adressées, quel que soit le nombre de présents...

Farines ne mène plus les débats mais y met son grain de sel, si l'on peut utiliser cette expression, le 19 septembre. Ce jour-là, il propose «d'exempter de tout droit les harengs et anguilles salées qui forment l'aliment de la classe la moins aisée». M. Méric, membre de la commission et animateur du groupe anti-bascule, lui répond : «Si la commission n'a pas fait cette proposition, c'est uniquement parce qu'elle est convaincue que la suppression de ce droit ne tournerait pas au profit du consommateur mais seulement au profit du vendeur». Le pharmacien va pourtant gagner : «La proposition de M. Farines est ensuite mise aux voix et adoptée à l'unanimité».

Les recherches hydrologiques à Perpignan

La première intervention de Joseph Farines au Conseil municipal qui ne soit pas liée à sa présence dans une commission avait concerné le problème de l'alimentation de Perpignan en eau. Le 25 juillet 1835, le Conseiller sollicite une subvention de 10 000 F pour faire effectuer des forages artésiens dans la Ville. Sa requête est accueillie favorablement puisque «Le conseil, après avoir discuté la proposition de M. Farines, décide qu'il sera fait aux frais de la commune un ou plusieurs sondages dans le but d'amener cette découverte et demande à la commission du budget le vote d'une allocation». Le registre des délibérations ne nous dit pas le résultat de cette recherche mais la suite des événements montre bien qu'elle a été négative.

En effet, les problèmes de forage artésien vont de nouveau occuper le Conseil municipal l'année suivante. Bien évidemment, Joseph Farines fait partie, avec quatre autres conseillers, de la commission chargée de ce dossier. Le 25 mars 1836, est communiquée une déclaration signée par les sieurs Fabre et Espériquette précisant les conditions dans lesquelles «ils se chargeraient d'un sondage artésien sur le point de la ville qui leur serait indiqué par l'administration municipale». Le 2 avril, le rapporteur - qui n'est pas Farines mais son collègue Justin Durand, futur maire et député des Pyrénées-Orientales - pose la question : vaut-il mieux faire l'acquisition d'une sonde ou «traiter avec des maîtres serruriers munis de l'appareil nécessaire à la bonne exécution de ce travail» ? Le rapporteur préconise la seconde solution, et aborde alors le problème du traité (nous dirions aujourd'hui contrat) à passer avec les exécutants. Dans le traité de mars 1831 était prévue une prime proportionnelle à la quantité d'eau amenée à la surface. La nouvelle commission propose de «récompenser moins le hasard que la difficulté vaincue» et, si le débit minimal est de 20 litres par minute, la rémunération se fera selon la profondeur de la nappe captée : 300 F jusqu'à 200 pieds, 500 F jusqu'à 300 pieds, 700 F jusqu'à 100 pieds, 1000 F de 400 à 600 pieds. Quant aux modalités de l'attribution du contrat, elles font l'objet d'une approche réaliste : «Notre commission aurait bien désiré que le nouveau sondage qui va être tenté fût mis à l'adjudication publique sur soumission cachetée en établissant à l'avance les conditions du concours. Mais elle a dû renoncer à ce projet (...) en considérant que les ouvriers capables de s'occuper de ces travaux difficiles sont peu nombreux et que si le résultat de l'adjudication ne chargerait pas de leur exécution les plus habiles, la commune pourrait s'engager dans une dépense considérable sans que le succès de ces nouvelles recherches, qu'elle doit désirer avant tout, vienne l'encourager à entreprendre des sondages qu'elle tentera encore si cette fois enfin il y a réussite».

C'est donc Joseph Fabre, un serrurier de Perpignan, qui va encore diriger le travail. Le 5 mai, il demande l'embauche d'un ouvrier supplémentaire pour le forage. «Considérant que la couche à traverser est très dure (le Conseil) autorise le maire à modifier les conditions du traité en ce qui touche le nombre des ouvriers». Les procès-verbaux des délibérations n'en disent pas plus sur ce forage qui, comme les précédents, s'est soldé par un échec.

Le ler décembre 1837, le Conseil procède à l'examen d'une proposition d'un M. Sauquaire, inventeur d'un procédé de forage qui porte son nom, qui propose d'effectuer, à l'intérieur de la ville, un forage de 1000 pieds pour trouver des nappes ascendantes. Cinq Conseillers vont intervenir, mais pas Farines. L'avis le plus explicite est celui de M. Picas. Celui-ci «ne pense pas que la proposition de M. Sauquaire doive être accueillie par le Conseil. Comme particulier, il consentirait volontiers à faire partie d'une association qui voudrait mettre en oeuvre les procédés de M. Sauquaire mais comme membre du Conseil municipal, il ne croit pas devoir ajouter à la dépense de 12 000 F faite inutilement jusqu'à ce jour, pour des forages de puits artésiens sur divers points de la ville, la somme de 14 000 F que l'on demande maintenant pour le forage d'un puits Sauquaire». La proposition est donc ajournée «à la majorité des voix» dont on regrette de n'avoir pas le décompte nominal. Un an plus tard, le Conseil municipal se tournera vers d'autres solutions pour l'alimentation en eau de Perpignan. Dans sa séance du 27 novembre 1838, il examine deux projets concurrents : celui de Fauvelle «ingénieur des chemins vicinaux de grande communication», qui propose l'ouverture d'une galerie de 12 km depuis l'amont du Soler, et celui de Caffe, architecte de la ville, qui se contenterait de réparer les canalisations existantes en prévoyant un système de filtrage.

Le rôle de Farines est terminé et peut être qualifié, a posteriori, de globalement négatif puisque la politique de forages, qu'il a toujours soutenue, s'est soldée par un échec.

La difficile renaissance du Cabinet d'Histoire Naturelle

On peut employer le terme de renaissance car il a existé un cabinet d'Histoire Naturelle dans les locaux de l'ancienne Université. Ouvert en 1770, celui-ci a fonctionné un petit quart de siècle jusqu'à la suppression de l'Université par la révolution (Bourgat et Belledent, 1983 - Bourgat, 1996).

Nous avons vu qu'en septembre 1835, peu de temps avant de prendre ses distances d'avec la Société Philomathique, Farines s'occupait avec trois autres membres de la Société de mettre sur pieds un Musée départemental d'Histoire Naturelle. Deux ans plus tard il reprend ce dossier, cette fois en qualité de Conseiller municipal. On va constater que ses rapports avec ses anciens collègues se sont détériorés.

Dans le procès-verbal de la séance du 24 août 1837, nous lisons : «Le Conseil renvoye (sic] à une commission composée de MM. Farines, Passama, Parés, Méric et Sicart une demande de M. Lacombe Michel, président de la Société Philomathique de Perpignan, à l'effet d'obtenir de la Ville un local convenable pour l'établissement d'un cabinet d'Histoire Naturelle qui déjà pourra comprendre une belle collection généreusement offerte par M. Eugène Boluix, enseigne de vaisseau, notre compatriote».

Farines est rapporteur de la commission ; il soumet, le 4 octobre, un long rapport à ses collègues dans lequel on trouve un plaidoyer pour les sciences naturelles en général, et l'entomologie en particulier, un souci de protection des monuments historiques, un problème de partage des attributions entre la ville et le département, l'indication d'ambitions personnelles... Après avoir insisté sur l'intérêt de la collection offerte par l'officier de marine, composée essentiellement d'oiseaux et d'insectes exotiques, il propose son installation, à titre provisoire, au rez-de-chaussée de la Mairie, dans des armoires «qui encombrent inutilement l'ancien cabinet de l'Université». Il propose également de récupérer l'ancienne salle du Spectacle, établie dans la partie la plus ancienne de la Loge de Mer, afin d'aménager un étage où se situerait le cabinet définitif, et d'établir quatre boutiques au rez-de-chaussée, ce qui procurerait un revenu locatif à la ville. Il propose enfin d'être le conservateur de ce musée titre provisoire et gratuitement. Le Conseil prend son temps. Il «décide qu'il sera adressé des remerciements à M. Eugène Boluix pour le don généreux qu'il a fait à la ville de Perpignan (...). Les délibérations sur les autres conclusions du rapport de M. Farines sont renvoyées à une autre séance».

Cette autre séance, qui se tient le 20 octobre, commence par la lecture de deux lettres. L'une, datée du 19 octobre, est de Louis Companyo. Le naturaliste, membre de la Société Philomathique, fait état de ses importantes collections personnelles, et offre de les céder à la ville et de prêter ses propres armoires vitrées, en posant implicitement sa candidature au poste de conservateur. L'autre est de M. Viaud, qui, invoquant son expérience en ornithologie et mammalogie, fait également des offres de service. On se bouscule donc à la porte... Le Conseil tente de mettre tout le monde d'accord : «L'offre faite par M. Farines de remplir gratuitement la place de conservateur au cabinet d'Histoire Naturelle jusqu'à la prochaine réunion du Conseil Général est acceptée. En même temps, le Conseil accepte l'offre qui est faite par M. Companyo de tous les objets d'histoire naturelle qu'il possède ainsi que celle de consacrer ses instants de loisir à mettre en ordre, monter et classer les objets offerts par M. Boluix et ceux qui seraient recueillis plus tard. M. Companyo est en même temps chargé, concurremment avec M. Farines, de la conservation provisoire de ce cabinet (...). Dans le cas où MM. Farines et Companyo auraient besoin des services offerts par M. Viaud, ils sont d'avance autorisés à l'adjoindre à leurs travaux. M. le Maire est invité à adresser des remerciements à MM. Companyo et Viaud et à leur faire connaître la décision qui vient d'être pris».

Seule la proposition tendant à déloger les fermiers qui occupent la salle du Spectacle est ajournée. Quelques jours plus tard, le 6 novembre, deux de ceux-ci offrent de construire à leurs frais le plancher du futur cabinet si on les autorise à rester au rez-de-chaussée, mais le Conseil ajourne sa réponse. A la même séance est donnée lecture d'une lettre d'Emmanuel Sirven, archiviste de la Société Phylomatique [sic], qui souhaite «ne pas priver la Société des armoires qui existent à l'ancien cabinet d'Histoire Naturelle, attendu que ces armoires sont nécessaires à la Société Phylomatique pour la collection minéralogique qu'elle forme et dont elle se propose plus tard de faire hommage à la ville». La décision prise le 20 octobre concernant le transfert des armoires est donc rapportée, et ce en l'absence (diplomatique ?) de Farines. On peut conclure de ces péripéties qu'il n'y a plus de contacts (et probablement une nette hostilité) entre Joseph Farines et Emmanuel Sirven. Quatre ans auparavant, c'est pourtant leur action conjuguée qui avait donné naissance à la Société Philomathique...

La question du cabinet d'Histoire Naturelle va continuer d'occuper le Conseiller jusqu'à la fin de son mandat. Le 15 mai 1838, il est membre d'une commission chargée d'examiner plusieurs lettres de M. Companyo relatives au cabinet d'Histoire Naturelle, cette affaire étant de nouveau évoquée le 18 juin. Le 16 mai «M. Mello, taxidermiste, offre à la ville 200 oiseaux et quadrupèdes du département, montés, et s'engage à préparer la collection complette [sic] de ces deux classes d'animaux si la ville veut lui accorder le titre de Concierge préparateur du musée d'Histoire Naturelle et lui donner un logement où il puisse exercer l'état d'arquebusier». On ne connaît pas la décision de la commission à qui est renvoyée la lettre. Le 11 août, le président de la Société Philomathique «offre de se charger de l'établissement d'un plancher dans la salle de ses séances pour une somme qui n'excéderait pas 200 à 250 F, avec obligation de réintégrer dans la caisse communale 1a partie de cette allocation qui ne serait pas dépensée». Le 11 février 1839 : «M. Companyo a cru convenable d'acheter une plus grande quantité d'objets ou de matière que nécessaire pour la préparation des oiseaux qui lui étaient confiés... Notre commission est d'avis que le compte présenté par M. Companyo (qui se monte à 233,05 F) lui soit soldé».

Le 13 mars 1839, le Conseil autorise la translation dans la salle de la Société (qui ne s'appelle plus Philomathique mais des Pyrénées-Orientales, Sciences, Belles-Lettres, Arts industriels et agricoles) de tous les objets d'histoire naturelle qui sont déposés soit dans la maison de M. Companyo, soit dans l'hôtel de la Mairie. Le 6 août, il autorise son président, qui est alors François Fraisse, «à faire abattre la cloison d'un petit cabinet afin d'agrandir la salle destinée à contenir les objets d'histoire naturelle que possède la ville». Le 31 décembre, on discute d'une lettre envoyée le 12 du mois, dans laquelle la Société demande un secours de 2000 F en raison des «dépenses considérables qu'elle a dû faire pour la formation du cabinet d'Histoire Naturelle». La commission va prendre son temps pour répondre : le 4 février 1840, elle attend encore divers renseignements demandés sur les dépenses et les ressources de la société ; le 17 mars, elle fait adopter une proposition qui prévoit non pas un secours mais «l'achat des armoires et cadres vitrés faits à neuf par la Société». Celle-ci va répondre le 30 mars que le cabinet d'Histoire Naturelle est «tout entier la propriété de la ville», qu'elle maintient sa demande d'une somme de 2000 F «nécessaire pour combler son déficit», et enfin qu'en cédant le cabinet, elle se réserve expressément sa direction «sous le patronage de la ville». Le 6 avril, le Conseil accepte la cession du cabinet, vote les 2000 F demandés mais précise que la ville doit avoir «non point le patronage mais la direction de l'entreprise».

Farines quitte en mai un Conseil municipal qui va, dans les semaines qui suivent, adopter une solution définitive : la Société présentera trois candidats (Méric, Fraisse et Companyo) et le Maire choisira. Ce choix se portera, le 21 décembre, sur Louis Companyo (Bourgat et Belledent, 1983).

La vie publique de Farines s'est arrêtée à ce moment. Son dernier manuscrit envoyé à la Société Philomathique date d'octobre 1836, sa dernière publication, à la Société Linnéenne de Bordeaux, de 1837. Mentionné pour la dernière fois en 1841 comme membre (fondateur) de la S.A.S.L., nous avons d'abord cru qu'il était mort au début des années 1840. Ce n'est que son testament holographe, daté de 1861, dans lequel il précise «étant dans la plénitude de mes facultés intellectuelles...» et son acte de décès le 7 mai 1864 qui nous prouvent que Joseph Farines a vécu encore un quart de siècle. Que s'est-il passé pendant cette période ? Ses entants n'ayant pas eu de postérité, nous ne sommes pas sûrs de pouvoir retrouver des documents familiaux. Il faut espérer que sa vie professionnelle a laissé quelques traces.

Le rôle du fondateur de la future Société Agricole Scientifique et Littéraire s'inscrit donc dans une courte durée, moins d'une décennie, pour quelqu'un mort septuagénaire. Une meilleure connaissance du caractère, que l'on peut soupçonner ombrageux, du pharmacien serait peut-être la clé de cet effacement volontaire. Quoi qu'il en soit, le nom de Joseph-Nabor Farines ne doit plus être passé sous silence quand on évoquera les débuts des recherches paléontologiques à Tautavel ou la création de la plus ancienne société savante des Pyrénées Orientales.

© Cyr Descamps
© S.A.S.L. des P-O.
Cet article reprend le texte de la conférence donnée à la SASL le 19 janvier 2002, et a été publié in Aspects du Roussillon, pp.359-386, CIXe volume de la SASL, 2002.

Bibliographie

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  • ABELANET J., DESCAMPS C. (à paraître) - La Cauna de l'Arago avant 1964 : préhistoire des recherches. Comm. aux Deuxièmes Rencontres d'Elne. Société des Amis d'Illibéris, 30 oct.- ler nov. 1999, 12 p. multig.
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  • BOURGAT R. et BELLEDENT F.G. (1983) - Notice historique sur le Muséum d'Histoire Naturelle de Perpignan. Bull. Soc. Agric. Sc. Litt. des Pyr.-Or., 91e vol., p.137-155.
  • CAMPANAUD L. (1933) - Rapport sur la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales fait au Congrès de la Fédération Historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon tenu à Perpignan le 21 mai 1932. Bull. Soc. Agric. Sci. Litt. des Pyr.-Or, t. 57, p. 9-17.
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  • NOELL R. (1976) - Essai de bibliographie roussillonnaise des origines à 1906. Terra Nostra, Prades.

Publications de Joseph Farines

Les communications de J. Farines à la Société Philomathique ont été d'abord publiées dans un journal paraissant le samedi, Le Publicateur des P.-O., qui a eu six années d'existence (1832-1837) et ce dans une chronique intitulée, en 1834, Bulletin des travaux de la Société Philomathique de Perpignan : presque toujours, la mention pharmacien suit le nont du Farines. La plupart d'entre elles ont été reprises, avec parfois quelques modifications dans le titre et le texte, dans le Bulletin de la Société Philomathique de Perpignan quand celui-ci a commencé à paraître en 1835, à raison d'un volume par an. Farines a également publié neuf articles (dont les premiers travaux signés de son seul nom) dans les Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux dont il était membre correspondant depuis 1828 ; à deux reprises ces articles avaient déjà été publics à Perpignan. L'absence de règles dans les signaatures, données avec ou sans l'initiale du ou des prénoms (dans deux cas on ne trouve même que l'initiale du nom !) nous a obligé à procéder nous-mêmes à une normalisation : pour Farines, nous avons ajouté systématiquement J.N., les initiales que l'on trouve sur la première publication imprimée, celle co-signée en 1828.

  • CARCASSONNE M., COMPANYO L., FARINES J.N. ( 1828) - Rapport sur la baleine échouée sur les cotes du département des P.-O. à M. le baron Romain, préfet du département. Bull. Soc. Royale d'Agric., arts et commerce des P.-O., n° 9, déc., p. 354-360.
  • FARINES J.N. & CARCASSONNE M. (1029) - Mémoire sur un cétacé échoué le 27 novembre 1828 sur la côte dépendant de la commune de Saint-Cyprien... présenté à l'Académie des Sciences. Tastu impr., Perpignan, 27 p., 1 pl.
  • SERRES M. de & FARINES J.N. (1829) - Notice sur la caverne à ossemens d'Argou (Pyrénées-Orientales). Annales des Sciences Naturelles, Paris. t. XVII, p. 276-301.
  • FARINES J.N. (1829) - Mémoire sur le Ripiphore bimaculé (Ripiphorus bimaculalus, Fabric.). Actes Soc. Linnéenne Bordeaux, n° 13, p. 3-5.
  • FARINES I.N. (1830) - Notice sur le Cebrio Xanthomerus. Hoff, et description de sa femelle. Actes Soc. Linnéenne Bordeaux, t. 4 p. 137-141.
  • FARINES I.N. (1030) - Note sur quelques précautions à prendre dans la chasse des Coléoptères. Actes Soc. Linnéenne Bordeaux, t. 4, p. 255-257.
  • FARINES J.N. (1832) - Notice sur le Bombyx Thalictri, (Calyptra Thalictri, Latreille). Actes Soc. Linnéenne Bordeaux. t. 5 p. 43-48.
  • FARINES J.N. (1832) - Lignites de Serdinya. Le Publicateur des P.-O., n° 27, p. 106-107.
  • FARINES J.N. (1833) - Note sur les lignites d'Estavar. Le Publicateur des P-O., n° 6, p. 23.
  • FARINES J.N. (1833) - Crocodile [du musée de Perpignan]. Le Publicateur des P.-O. n° 25, p. 99-100.
  • FARINES J.N. (1833) - Os d'éléphant fossile. Le Publicateur des P.-O. n° 26, p. 103.
  • FARINES J.N. (1833) - Marbres [des P-O.]. Le Publicateur des P-O., 27, p. 106-107. - Journal des P.O., n° 27. 1833.
  • FARINES J.N. (1833) - Puits artésiens. Le Publicateur des P.-O. n° 48, p. 191.
  • FARINES J.N. (1034) - Détermination oryctognostique et géognostique des terrains retirés par la sonde dans le tirage artésien opéré sur une propriété de M. Raymond Sugla, de Rivesaltes. Journal des P.O., 47-48, - Bull. Soc. Philomat. Perpignan, t.1, 1835, p. 26-32.
  • FARINES J.N. FAUVELLE (1834) - Rapport... sur une dent fossile (présentation d'une molaire de grand mammifère). Le Publicateur des P.-O., n° 42, p. 173. Bull. Soc. Philomat. Perpignan, t. 1. 1835, p. 60-71.
  • FARINES J.N. (1834) - Notice sur un gisement de lignite nouvellement découvert à Paziols (Aude). Le Publicateur des P.-O. n° 2 p. 6-7 - Bull. Soc. Philomat. Perpignan. t. 1, 1035. p. 7-12
  • FARINES J.N. (1834) - Observation sur les moeurs d'une espèce de tortue d'eau douce, Testudo orbicularis. Le Publicateur des P.-O. n° 7 p. 25. Bull. Soc. Philomat. Perpignan, t. 1, 1035, p. 56-50.
  • FARINES J.N. (1834) - Rapport sur une monstruosité [sur un choux brocoli] présentée par M. Jacomet. Le Publicateur des P.-O. n° 11, p. 44. Bull. Soc. Philomat. Perpignan, t. 1. 1835, p. 40-50.
  • FARINES J.N. & GOUGET (1834) - Rapport sur une brochure de M. Tournal intitulée «Considération sur les volcans anciens et les cratères de soulèvement», Le Publicateur des P.-O. n° 16 p. 67-60 - Bull. Soc. Philomat. Perpignan. t. 1 p. 13 - 17
  • FARINES J.N. (1834) - Description de plusieurs espèces nouvelles de coquilles vivantes (des Pyrénées-Orientales). Le Publicateur des P.-O., n° 24, p. 99-100. - Description de trois espèces nouvelles de coquilles vivantes du département des Pyrénées-Orientales. Alzine impr. Perpignan, 8 p. ill. Journal des Connaissances Utiles, 2° vol., in-8°. - Bull. Soc. Philomat. Perpignan, t. 1, 1835, p. 59-67.
  • FARINES J.N. (1834) - Observation sur un développement extraordinaire d'une racine de peuplier noir (près du Volo). Le Publicateur des P.-O., n° 34. p. 140. - Bull. Soc. Philomat. Perpignan, t. 1, 1835, p. 51-53.
  • FARINES J.N. (1834) - Note [zool. minéral.] sur la vallée de Caranca. Le Publicateur des P.-O. n° 37 p. 153 - Bull. Soc. Philomat. Perpignan, t. 1, 1835, p. 50.
  • FARINES J.N. (1834) - Note sur les lignites du département des Pyrénées-Orientales. Actes Soc. Linnéenne de Bordeaux, t. 6, p. 68-72.
  • FARINES J.N. (1834) - Sur les puits artésiens du département des Pyrénées-Orientales. Bull. Soc. Géologique de France, 6, 1834, p. 71-74. - L'Institut, 1834, p.350.
  • FARINES J.N. & FRAISSE F. (1834) - Rapport sur une notice de M. Marcel de Serres (relative aux puits artésiens de notre département). Le Publicateur des P.-O. n° 38 p. 157-158 - Bull. Soc. Philomat. Perpignan, t. 1 1835, p. 21-32. [Sans la signature de Fraisse] : Rapport sur une notice de M.Marcel de Serres relative aux puits artésiens du département des Pyrénées-Orientales. Actes Soc. Linnéenne Bordeaux, t. 7, 1835, p.116-120.
  • FARINES J.N. (1835) - Réplique à la réponse de M. Marcel de Serres sur les puits artésiens. Bull. Soc. Philomat. Perpignan, t. 1 p. 40-46. - Observations sur les puits artésiens du Roussillon, destinées à répliquer à celles de M. Marcel de Serres, insérées dans les Actes de la Société Linnéenne, t. 8 p. 81. Actes Soc. Linnéenne Bordeaux, t. 7 p. 120-126.
  • FARINES J.N. & VENE (1835) - Note sur un gisement de mine de cuivre et sur un calcaire de transition (vallées de Carença et d'Eyne). Bull. Soc. Philomat. Perpignan. t. 1, 1835, p. 20.
  • FARINES J.N. (1835) - Archéologie [aqueduc de Peyrestortes]. Le Publicateur des P.-O., n° 43, p. 171. Notice archéologique. Bull. Soc. Philomat. Perpignan, t. 3, 2° part.,1837, p. 47-50.
  • FARINES J.N. (1835) - Statistique des forages artésiens dans le département des Pyrénées-Orientales. Le Publicateur des P.-O. n° 27 p. 105-106, L'Institut, p. 236-237. - Compte rendu à l'Académie des Sciences, 1835, p.7-9.
  • FARINES J.N. (1835) - Discours sur la Société [Philomathique]. Bull. Soc. Philomat. Perpignan, t. 1, p. 1-4.
  • FARINES J.N. (1835) - Chaux sulfatée trapézoïdale. Bull. Soc. Philomat. Perpignan, t. 1 p. 47.
  • FARINES J.N. (1835) - Notes [zoologiques] diverses. Bull. Soc. Philomat. Perpignan, t. 1 p. 89-90.
  • FARINES J.N. (1835) - Puits artésiens [à Rivesaltes]. Le Publicateur des P.-O., n° 9, p. 34.
  • FARINES J.N. (1835 - Explication de l'augmentation subite de l'eau d'une source artésienne située à Rivesaltes, dépt. des P.-O. Actes Soc. Linneenne Bordeaux, t. 7 n° 4O p. 126-128.
  • FARINES J.N. (1837) - Confirmation des observations déjà publiées sur une notice de M. Marcel de Serres relative aux puits artésiens du département des P.-O. ; et nouvelles erreurs du même auteur sur cet objet. Actes Soc. Linnéenne Bordeaux, t. 9 n° 48 p. 3-11.
  • FARINES J.N. (1837) - Notice sur le Cebrio Xanthomerus Hoffm. (de l'ordre des Coléoptères) (du département). Bull. Soc. Philomat. Perpignan, t. 3. 1° part., p. 105-109.