![]() | La société Agricole, Scientifique et Littéraire | ||
Discours sur la Société
| |||
| Historique Personnalités Bureau actuel Bibliothèque Conférences Cotisations Bulletin 2007 Publications en vente Bulletins Tables de recherche Autres articles Echanges académiques Ecrivez-nous Recherchez Copyright Aspirateurs | L'Homme, constamment poussé par son instinct au plus-connaître, et cherchant la réalisation du mieux-être, obéit aux impressions instinctives de son esprit et de son coeur, et dirige tous ses efforts à dépasser les limites de toutes les connaissances acquises. Soutenu dans ce travail pénible et laborieux par l'espoir d'augmenter la somme de bien-être de ses semblables, il est capable de faire les plus grands sacrifices : ni perte de temps, ni veilles, ni contrariétés, rien ne l'arrête dans son généreux élan ; et, m'ambitionnant d'autre récompense que celle d'avoir contribué au bien de l'humanité, il lui suffit de l'approbation et des suffrages flatteurs des hommes qui partagent les mêmes affections, et de ceux qui, sans les partager, n'en sont pas moins animés du saint amour d'une philantropique nationalité ! et, nous aimons à le dire, et nous éprouvons une douce émotion à le répéter, cette approbation n'a jamais manqué à ceux qui l'ont méritée !... Mais l'homme isolé ne peut produire des travaux aussi importants que lorsqu'il y a efforts de communauté : c'est de ce besoin de communication entre les hommes qui ont un même but, que sont nées les associations ; c'est par l'association que l'humanité progresse ; c'est de l'ensemble de collaboration que jaillissent les rayons les plus purs et les plus brillants des sciences civilisatrices ; les hommes que les mêmes goûts rassemblent, s'entendent facilement et s'enthousiasment de même, et c'est par l'enthousiasme de la gloire et du bien de l'humanité, que s'accomplissent les plus grandes choses, et que s'obtiennent les résultats les plus utiles et les plus progressifs. C'est particulièrement dans les contrées méridionales, où l'imagination active et créatrice n'a besoin que de s'exalter pour produire, que les réunions sont utiles. Les sociétés excitent le zèle et encouragent le mérite ; c'est en excitant leur émulation que certains hommes se produisent et développent des talents jusque là ignorés, et qui ne se seraient jamais manifestés sans les associations ; c'est en indiquant le bien à faire qu'on fait naître l'idée de faire le bien. Notre département possède tous les élémens propres à la culture des sciences et des lettres ; il ne s'agit que de rapprocher les hommes et de les mettre en échange de communications. C'est dans ce but, c'est dans cet espoir qu'a été fondée la Société Philomatique ; l'esprit qui a présidé à sa création a été principalement l'étude et l'exploration de notre sol, sous le triple aspect scientifique, agricole et industriel, sans pour cela négliger le développement des autres sciences de l'esprit. Pour atteindre et perfectionner le résultat de cette idée, toute d'avenir et de philantropie, entr'autres moyens, il était indispensable de réunir les matériaux qui doivent servir à l'étude physique des diverses parties comprises dans ces deux mots, sciences et industrie : c'est ce qui a été parfaitement compris par la Société, qui, dès sa première séance, décida que des collections seraient formées. En mettant les objets utiles, tout comme les objets curieux, sous les yeux de ses membres, elle espère faire naître et propager le goût des recherches et le désir de se rendre utile, pensée dominante des fondateurs de la Société. Notre département, très peu connu jusqu'à présent et, pour ainsi dire, ignoré des hommes progressifs,ne figure que pour une bien faible part dans les fastes du rapide avancement qui a eu lieu dans toutes les branches des connaissances humaines. Les rayons du grand foyer de centralisation sont rarement arrivés jusqu'à lui, et ne l'ont éclairé que faiblement. L'époque de l'émancipation intellectuelle des provinces est venu ; c'est assez faire comprendre que c'est aux enfants du Roussillon qu'appartient la gloire de faire connaître le Roussillon, et de préparer, par ce moyen, les voies d'amélioration de la position de tous, et l'augmentation de la somme de bien-être du plus grand nombre. Riche en productions naturelles de tous genres, le département des Pyrénées-Orientales offre un vaste champ d'observations utiles aux sciences et à l'industrie, et dont beaucoup pourront être susceptibles de productives applications. De nombreux restes d'antiques monuments, d'antiques habitations et d'objets qui s'y rattachent, rappelant des époques plus ou moins reculées, offrent à l'archéologue de nombreux sujets de méditation, et de précieux documents pour l'histoire du pays. La variété du sol, la diversité de température de ses différentes parties, la position physique et la douceur du climat du Roussillon, sont autant de motifs pour que l'agriculture y prenne un favorable développement ; mais plusieurs causes ont retardé jusqu'ici toute amélioration ; et à quelques faibles exceptions près, l'ornière de la routine est le manuel d'agriculture de ce département. Les principaux obstacles à l'avancement du système agronomique, sont : la multiplicité des insectes qui dévorent tous les ans plusieurs récoltes, les inondations heureusement rares, mais funestes, et la sécheresse presque de tous les ans, qui, en appauvrissant et atrophiant les végétaux, réduit le produit au-dessous des déboursés. Toutes ces calamités, ruineuses pour les petits propriétaires et décourageantes pour les agronomes, sont un obstacle à l'introduction d'une foule de procédés nouveaux d'une utilité reconnue, et au perfectionnement des méthodes. Mais aujourd'hui une ère de prospérités commence à luire ; et la propagation des fontaines artésiennes nous fait espérer, pour notre agriculture, une face de progrès et une source de richesses promptement réalisables, si les principaux intéressés, si les plus intéressés comprennent bien cet avenir, comme déjà plusieurs de leurs concitoyens leur en offrent l'exemple. Fidèle à sa mission d'UTILITE PUBLIQUE, la Société Philomatique doit consacrer une partie de sa sollicitude à la multiplication des forages artésiens, à des expérimentations pour parvenir à détruire, sinon totalement, du moins à réduire considérablement, le nombre des insectes destructeurs ; elle doit s'occuper de toutes les améliorations à introduire dans notre département. Enfin, tout ce qui tient à la prospérité locale et à la gloire de notre pays, doit être et sera l'objet de ses recherches et de ses investigations. M. Farines, vice-président © S.A.S.L. des P-O. Ce discours a été publié dans le volume I du Bulletin de la SASL (1), 1835, p.1-4. | ||