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Analyse chimique du lignite d'Estavar

 

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Les lignites sont des combustibles fossiles qui se rapprochent plus que les autres fossiles du bois ordinaire.

Leur couleur varie du noir au brun ; ils ont tantôt une texture ligneuse incontestable, tantôt une cassure résineuse qui n'a rien de ligneux, tantôt une forme terreuse. Ils sont caractérisés chimiquement par la propriété de fournir de l'acide pyroligneux parmi les produits de leur distillation, et de se dissoudre dans la potasse. Ces deux caractères n'appartiennent jamais à la fois aux autres combustibles fossiles, les houilles et les anthracites.

Le résidu de la distillation des lignites est un charbon brillant qui conserve comme celui du bois la forme des fragments employés. Le lignite n'est donc qu'un bois profondément altéré.

La décomposition plus ou moins avancée du bois qui a servi à la formation du lignite le fait classer en plusieurs variétés.

On distingue :
  1. le lignite piciforme qui se divise en piciforme polissable dont le type est le jais qui sert à faire des bijoux de deuil, et en piciforme commun qui sert aux mêmes usages que la houille.
  2. le lignite terne qui se subdivise en lignite terne compacte et lignite terne fragmentaire.
  3. Le lignite fibreux qui offre des indices de la structure du bois.
  4. Le lignite terreux.
Le lignite d'Estavar a été décrit il y a longtemps déjà par MM. Bouis et Farines (1). Il n'avait pas été analysé.

Il doit être classé parmi les lignites piciformes communs.

Il a fourni à mon analyse :

Matières volatiles         66.10
Carbone fixe23.90
Cendres10.
 100.00


Les cendres sont composées de :
Silice et sable fin ;
Argile ;
Chaux ;
Oxide de fer.

J'ai déterminé le pouvoir calorifique de ce lignite par le procédé de réduction de l'oxide de plomb. Il doit être représenté par 43,53, c'est-à-dire qu'il faudrait employer 100 parties de ce combustible pour obtenir le même effet calorifique produit par 43 parties 1,2 de charbon entièrement pur.

L'analyse constate 23,00 de carbone pur dans 100 parties de lignite. Les 66 parties de matières volatiles équivalent donc comme effet calorifique à 19,63 de carbone.

Janvier 1874.

Article de M. Léon Ferrer, directeur de la section des sciences


(l) Bulletin de la Société philomathique de Perpignan, 1836, Publicateur des Pyrénées-Orientales, février 1833.
© S.A.S.L. des P-O.
Cet article a été publié dans le volume XXI du Bulletin de la SASL, pp. 56-58, Perpignan 1874