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Paul Massot
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| Historique Personnalités Bureau actuel Bibliothèque Conférences Cotisations Bulletin 2007 Publications en vente Bulletins Tables de recherche Autres articles Echanges académiques Ecrivez-nous Recherchez Copyright Aspirateurs | M. P. Massot naquit à Perpignan, en 1800. Il appartenait à une famille de médecins, et dès qu'il apprit à se connaître, sa vocation fut d'être médecin lui-même. Son fils a suivi, son petit-fils, M. de Lamer, suit encore la même voie ; et c'est ainsi que dans le milieu le plus favorable aux idées nouvelles, nous avons vu la fidélité la plus grande aux traditions du passé. Où trouverait-on d'ailleurs une profession plus noble que celle du médecin ? La considération qui la suit est en raison des qualités qu'elle exige : le dévouement et la prudence, l'adresse et le savoir, le courage souvent, et la discrétion. Le jeune débutant doit s'improviser homme mûr. Est-il en effet une responsabilité plus grave que la sienne ? C'est ici qu'il faudrait de ces qualités transmises avec le sang, acquises dès l'enfance. M. P. Massot paraît avoir senti toute sa vie les favorables influences qui présidèrent à ses débuts. Nul n'exerça d'un air plus aisé une profession plus difficile. Il offrait toujours à la souffrance un front ouvert et confiant. Dans cette réciproque investigation qui du malade au médecin se fait de visage à visage, le malade ne surprenait jamais sur les traits de M. Massot le reflet d'une inquiétude, et souvent une grave opération s'engageait sur une plaisanterie. Plus tard on trouva l'infaillible moyen de tromper la douleur ; on trouva l'éther. M. P. Massot fut le premier à l'adopter, le plus ardent à le préconiser. Par le choix des instruments et des méthodes, il se montra toujours jaloux d'aider à son adresse. Or cette adresse était bien grande ; elle était donc bien recherchée. M. Massot cependant n'en priva jamais les pauvres, et dans le cours de sa longue carrière les occasions ne lui manquèrent pas de la montrer en même temps que son désintéressement. Aide chirurgien d'abord à l'hôpital civil de Perpignan, ensuite médecin de la prison, du collège, de plusieurs sociétés, professeur au cours d'accouchement, membre de la commission d'hygiène, chirurgien en chef du dispensaire, chirurgien en chef de l'hôpital où il avait fait ses débuts, il n'est point d'emploi qu'il n'ait occupé et où son souvenir ne reste encore. Tant de soins cependant ne lui suffisaient pas ; il s'en créait d'autres lui-même et c'étaient là ses loisirs. Dans ses loisirs il s'occupait de sciences naturelles. C'était encore une vocation de famille et la passion que M. Aimé Massot eut pour la botanique, M. P. Massot l'avait pour la malacologie. Après sa visite de médecin à Canet ou à Montlouis, à Salses ou à Banyuls, il faisait dans les environs sa rapide recherche de naturaliste. Il rapportait un échantillon ; il confirmait par une preuve nouvelle une idée qu'il avait, qu'il a déposée dans notre XIXe bulletin et qui est celle-ci : il existe dans les mêmes espèces de mollusques de France des différences qui viennent des localités et qui s'accusent particulièrement dans notre département. Et pourquoi ? parce que le bassin des Pyrénées-Orientales est presque exclusivement composé de roches calcaires, que ces roches sont plus favorables au développement des individus, et que cela doit se voir et se voit à la taille du mollusque et à la beauté de son test. La collection que M. P. Massot avait formée était des plus complètes ; il l'a donnée tout entière à ses concitoyens. Elle leur servira d'enseignement. Les moyens de s'instruire ne leur manqueront pas d'ailleurs ; et voici que le Gouvernement vient de créer un établissement spécial à Banyuls. Cet établissement était dans les voeux de M. P. Massot. La veille de sa mort, en 1881, il s'en occupait encore et il en pressait l'exécution, aidé, dans ses démarches actives, par M. Escanyé, son collègue dans la représentation à Paris des intérêts de notre région, confondus cette fois 'avec ceux des sciences naturelles. Pour ces sciences en effet il n'est point peut-être en France de département plus favorable que le nôtre. Il offre tous les climats, et de la mer aux montagnes, toutes les expositions. Aussi les naturalistes n'ont pas manqué parmi nous ; nous le voyons par le dernier exemple de M. P. Massot. Les étrangers non plus n'ont pas manqué et ils sont venus dans notre vallée pour compléter leurs collections et conclure. Car c'est à la fin que ce travail si lent du collectionneur se relève. Il procède patiemment, insidieusement et parfois, tout à coup, il saisit une vérité. Chercher c'est apprendre à trouver ; on distingue et on analyse, on compare et on synthétise et une loi paraît enfin. Nous venons de donner toutes les preuves du vif intérêt que M. P. Massot prenait à notre Société et à ses travaux. Il avait même accepté de la présider quand le pays le réclama pour de plus hautes fonctions. En 1876, il fut nommé sénateur. Il ne nous appartient pas de le suivre plus loin. Nous faisons le contraire de ce que voulait Platon. Nous recevons volontiers la Poésie avec sa couronne de fleurs et la Science avec sa récolte de coquillages ou d'épis. Quant à la Politique qui divise, nous la reconduisons en dehors de nos limites. Ce n'est pas sans lui rendre des honneurs que nous voyons du reste lui être partout prodigués. Par Crouchandeu © S.A.S.L. des P-O. Cette notice biographique a été publiée dans le XXVIe volume de la SASL, 1884, pp.133-136. | ||