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des Pyrénées-Orientales


Description d'une espèce nouvelle de Mulette (Unio aleronii)

 

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Par les docteurs Companyo et Paul Massot

Coquille très mince, ovale allongé, recouverte d'un épiderme alternativement vert clair et brun, ce qui lui donne un aspect fascié ; arrondie en avant, arrondie, mais légèrement tronquée et arquée en arrière. Les bords supérieur et inférieur sont presque droits ; ce dernier offre constamment, à sa partie moyenne, une dépression qui se prolonge obliquement sur la face externe des valves. Les crochets sont très élevés, tuberculeux et très rapprochés de la partie antérieure de la coquille ; ils sont très écartés l'un de l'autre, ce qui permet d'apercevoir, dans toute sa longueur, le ligament, qui est presque droit ; ils sont toujours excoriés, mais ils le deviennent davantage avec l'âge, et même, suivant les localités, l'érosion attaque une grande partie de la surface des valves.

Nacre intérieur, très blanc dans le jeune âge, d'un blanc rosé et jaunâtre dans l'âge adulte. Les dents cardinales de la valve gauche, d'inégale grosseur, sont sillonnées plutôt que striées, et toujours plus petites que la dent cardinale de la valve droite, qui est aplatie, triangulaire, saillante et crénelée sur ses bords ; elles se prolongent sous le corcelet en une côte élevée, très prononcée et presque droite ; dans la valve gauche, cette côte se divise pour former un sillon, dans lequel la lame de la valve droite est recue. L'impression musculaire qui touche à la dent cardinale est très forte, mais l'impression postérieure est à peine sensible. - Haut. 3c, long. transvers. 6e, épaiss. 2c.

Habite (Pyrénées-Orientales) le ruisseau de Thuir, où M. Companyo l'a trouvée le premier ; la Basse, surtout la vieille Basse, le Tech, et le ruisseau des Quatre-Cazals(très rare), où M. Massot l'a découverte.
Comparée avec les mulettes de France qui se rapprochent le plus de cette espèce, elle a quelques rapports, quant à la forme extérieure, avec la mulette de Requien (Michaud) ; elle en diffère par l'excoriation et la dépression constante que nous avons signalée. Elle a aussi quelques points de comparaison avec la mulette de Moquin-Tandon, décrite par M. l'abbé Dupuy. Cette dernière est plus petite, plus épaisse, moins allongée, le bord supérieur ou dorsal est fortement arrondi, les natèces ou crochets sont moins saillants et encore plus rapprochés de l'extrémité antérieure de la coquille, de telle sorte qu'ils n'en sont éloignés que du quart, environ, de la longueur totale, taudis que dans l'espèce que nous décrivons ils n'en sont éloignés que d'un tiers. Les dents cardinales sont plus fortes, le ligament et les côtes, qui en sont le prolongement, sont arqués et arrondis, puisqu'ils déterminent la forme du bord supérieur et dorsal , qui est quelquefois presque triangulaire.

Les recherches que notre ami, M. Aleron, ne cesse de faire, nous ont engagé à dédier cette mulette à ce laborieux naturaliste.

 

1- Panopaea Arago. - 2- Mulette Aleron - 3- Physe cornée - 4- Physe des mousses


© S.A.S.L. des P-O.
Cet article a été publié dans le volume VI(2) du Bulletin de la SASL, 1845, pp.234-235.