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Nécrologie 1905
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| Historique Personnalités Bureau actuel Bibliothèque Conférences Cotisations Bulletin 2007 Publications en vente Bulletins Tables de recherche Autres articles Echanges académiques Ecrivez-nous Recherchez Copyright Aspirateurs | La mort a enlevé en quelques mois sept membres de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales. M. Delcros Elie, chevalier de la légion d'honneur, avocat, ancien maire de Perpignan, sénateur des Pyrénées-Orientales, décédé le 26 octobre 1904, avait consacré sa jeunesse au barreau et à la viticulture ; la politique l'attira ensuite et il occupait au Sénat une situation honorable ; en matière viticole ses votes avaient été conformes aux voeux de notre Société et ce n'est qu'au sujet de la loi sur les sucres que nous avons eu le regret de voir M. Delcros se séparer de son collègue, M. le sénateur Vilar, et voter cette loi si funeste aux intérêts de la viticulture. Il n'en prévoyait certes pas les effets désastreux. MM. Denoyès, percepteur en retraite à Béziers, décédé le 29 octobre 1904 et Rotgé Gabriel, ancien juge de paix à Sournia, décédé le 16 novembre 1904, ne prirent jamais une part active aux travaux de la Société, leur fidélité indique cependant qu'ils s'y intéressaient. M. Romain Lacombe Saint-Michel appartenait à notre Société depuis quarante-cinq ans. Possesseur d'un important domaine situé à Salces, il s'appliqua tout d'abord, lorsque ses vignobles furent menacés par les attaques du phylloxéra, à prolonger leur existence par divers traitements insecticides et notamment par l'emploi du sulfocarbonate de potassium. Lorsque ces traitements se montrèrent insuffisants, il entra résolument dans la voie de la reconstitution, et, se préoccupant de tous les progrès qui se pouvaient réaliser dans la culture du sol, il s'appliqua à suivre les meilleurs procédés de plantation et de culture. Par le choix judicieux des cépages, par les soins minutieux qui, sur sa recommandation expresse, étaient apportés à la vinification et à la bonne tenue des celliers, il obtenait des vins d'une finesse et d'une tenue remarquables et sa cave jouissait d'une réputation méritée. M. Lacombe Saint-Michel ne se préoccupait pas seulement de ses propres intérêts, il s'employait à améliorer le sort de ses humbles collaborateurs ; ses agents ruraux, ses ouvriers ont répondu à sa bienveillante sollicitude par une activité dévouée pendant sa vie, par une touchante manifestation de regrets au moment de sa mort. M. Lacombe Saint-Michel fut un des membres les plus actifs du Comité d'initiative qui se constitua à Perpignan en mars 1890, pour combattre le renouvellement des traités de commerce et la fabrication des vins artificiels. Il fut au nombre des organisateurs des diverses réunions publiques de viticulteurs qui eurent lieu à cette époque et siégea comme assesseur dans ces meetings de protestation. M. Lacombe Saint-Michel était chevalier du mérite agricole. M. Charles Latrobe imprimait notre Bulletin annuel depuis 1867 ; il avait succédé, à 24 ans, à M. Alzine, dont le nom figure sur la liste des fondateurs de notre Société, et il avait hérité des traditions du maître regretté. Suivant l'exemple des premiers imprimeurs, l'un et l'autre mettaient l'orgueil de leur profession à une correction parfaite : les copies et les épreuves des mémoires extrêmement variés qui passaient dans leurs mains étaient l'objet de soins minutieux, dont les auteurs étaient reconnaissants. Après d'excellentes études au collège de Perpignan, et à cause de ses relations journalières avec le monde savant, M. Latrobe avait acquis une grande variété de connaissances qui donnaient à ses conseils une autorité qu'il savait rendre très discrète. L'illustration, qui est de plus en plus le complément indispensable des textes, faisait aussi l'objet de sa plus grande sollicitude et, là encore, son bon goût s'affirmait utilement. Ses obsèques ont eu lieu le 21 janvier au milieu d'un grand cortège d'amis où la Société agricole était largement représentée. M. Dorel Ferdinand, docteur en droit, avoué à Perpignan, décédé le 15 février 1905, qui a été enlevé si tôt à l'affection des siens, avait bien voulu mettre tout récemment son savoir au service de ses confrères viticulteurs. Chargé par M. le président de la Société de rédiger un modèle de contrat pour la vente du vin, il avait apporté à ce travail la conscience et l'ardeur qui lui étaient coutumières ; la mort l'a empêché de terminer son oeuvre ; mais il n'en mérite pas moins la gratitude de tous les membres de notre Société. M. d'André Frédéric, chevalier du mérite agricole, officier d'académie, professeur départemental d'agriculture, décédé le 25 mars 1905, a aussi été fauché en pleine force. M. d'André, pendant les années qu'il a passées dans les Pyrénées-Orientales, s'est appliqué consciencieusement à étudier toutes les questions qui intéressaient notre département depuis la viticulture jusqu'à la culture maraîchère ; il s'était même occupé de la culture des fleurs et avait obtenu de beaux résultats ; il prêta son concours au Syndicat agricole pour développer le crédit agricole dans notre pays et il faisait une conférence sur ce sujet peu de jours avant sa mort. © S.A.S.L. des P-O. Ces notices nécrologiques ont été publiées dans le volume XLVI du Bulletin de la SASL, 1905, pp.457-460. | ||