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Pierre Puiggari
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| Historique Personnalités Bureau actuel Bibliothèque Conférences Cotisations Bulletin 2007 Publications en vente Bulletins Tables de recherche Autres articles Echanges académiques Recherchez Copyright Aspirateurs | (Il naquit à Perpignan le 27 janvier 1768, et il est décédé le 4 septembre 1854) Messieurs, Depuis notre dernière réunion, la mort a frappé l'un de nos Membres qui était aussi une de nos illustrations roussillonnaises. Je viens aujourd'hui retracer, en quelques mots, la longue carrière de cet homme, qui a honoré son pays, sur lequel la tombe se ferme, mais dont la mémoire doit survivre. Doué d'une intelligence d'élite, M. Pierre Puiggari a voué presque toute son existence à la culture des lettres. Jeune, et après avoir fait d'excellentes études, il entra comme novice au monastère des Bénédictins d'Arles : il désirait faire partie de cet ordre célèbre, qui a fourni tant de noms chers à la science, et il était, en effet, bien digne d'y prendre place ; mais il fut contrarié dans ses penchants par la Révolution de 1789. Il passa en Espagne, se rendit à Madrid, où il se livra avec ardeur à l'étude si riche de la langue castillane. Rentré dans sa patrie, il embrassa la carrière de l'enseignement : pour un homme tel que lui, c'était presque suivre sa première vocation. Il fut successivement professeur d'humanités et de rhétorique, et il devint plus tard principal de collège. Ce fut à cette époque qu'il publia ses Leçons de Langue espagnole, le meilleur livre qui ait encore paru en ce genre. Il donna ensuite une nouvelle édition de la Grammaire espagnole française de Chantreau, ouvrage destiné aux Espagnols, et qui a obtenu à juste titre le plus grand succès. Profondément versé dans la littérature ancienne et moderne, c'est de préférence vers les études historiques et archéologiques qu'il avait dirigé les grandes facultés de son esprit. Il avait acquis la connaissance la plus complète de notre histoire nationale, en fouillant avec sagacité au milieu de nos vieilles archives, parmi nos chartes et nos parchemins, et il possédait une vaste érudition, qui s'alliait à une remarquable netteté de jugement. C'était presque un jeu pour lui que d'aborder les questions les plus difficiles ou les plus controversées ; toujours armé d'une critique sûre, la lucidité de son opinion apportait partout la clarté. Son style correct, élégant et facile, était empreint de cette logique qui entraîne avec elle la conviction. Infatigable au travail, il n'avait pas cessé jusqu'à ces derniers temps d'être un de ces Bénédictins volontaires pour qui l'étude était devenue une nécessité. Il a inséré dans le Publicateur, et disséminé dans d'autres recueils un grand nombre d'articles estimés sur divers sujets scientifiques, et qui intéressent surtout notre Roussillon. Nous voudrions, au lieu de trouver ces documents historiques dispersés et par cela même d'une recherche difficile, qu'ils fussent réunis en un seul volume. Cette réunion grandirait encore la réputation de l'auteur, et la science y gagnerait. En 1842, il a publié le Catalogue biographique des Evêques d'Elne, depuis l'année 571 jusqu'à nos jours. On ne saurait assez apprécier, en lisant cet ouvrage, combien il a fallu de temps et de savoir pour découvrir dans nos vieilles annales un nom ou une date inconnus, et leur fixer la place qu'ils doivent avoir : aussi, ce petit volume est pour le monde savant un travail considérable et de haute portée ; il a servi à corriger une foule d'erreurs, qui avaient été introduites dans la Gallia christiana. L'intelligence de M. Puiggari, qui n'avait rien perdu de sa vigueur, lui a permis à l'âge de quatre-vingts ans, de publier une grammaire catalane. Le bon vieillard jette un cri de regret en remarquant tous les néologismes qui ont été introduits dans cette langue romane, autrefois si belle, presque déjà formée lorsque la langue française bégayait à peine, et dont personne, mieux que lui, ne connaissait le charme et la flexibilité ; mais, hélas ! que peuvent les regrets d'un homme contre le flot envahissant de la civilisation moderne ! Il est vrai qu'elle nous amène le progrès, mais elle vicie aussi bien des choses. Le travail de notre collègue sera, du moins, un nouveau monument à ajouter à ceux que nous possédons déjà, et qui montreront un jour à nos arrière-petits-neveux ce qu'était notre vieux langage. Il laisse aussi, en manuscrit, un dictionnaire catalan-français, qui est le complément de sa grammaire. Cet ouvrage est précieux, et l'on ne saurait contester son utilité : nous espérons qu'il sera livré à l'impression, et qu'il viendra jeter ainsi un dernier éclat sur cette vie laborieuse et si bien remplie. Morer, membre résident © S.A.S.L. des P-O. Cette notice biographique a été publiée dans le volume X du Bulletin de la SASL, 1856, pp.520-522. | ||