Page d'accueil

La société Agricole, Scientifique et Littéraire
des Pyrénées-Orientales


Jaubert de Réart

 

Historique
Personnalités
Bureau actuel
Bibliothèque
Conférences
Cotisations
Bulletin 2007
Publications
en vente


Bulletins
Tables de
recherche

Autres articles

Echanges
académiques


Ecrivez-nous
Recherchez

Copyright
Aspirateurs
M. SIRVEN a lu, dans la séance du 6 avril 1836, la notice suivante sur M. JAUBERT DE REART, président de la Société, qu'une mort prématurée a enlevé à sa famille, à ses amis, aux sciences.

«Mon coeur dicte... et ma plume obéit».
(COLARDEAU)

Messieurs, la mort a couvert cet asile d'un crêpe funèbre...

Nous qui avons été à même d'apprécier l'homme vertueux, le citoyen estimable qui a trop peu de temps présidé les travaux de la Société, nous éprouvons une vive douleur de sa perte inattendue : notre coeur s'est brisé à cette nouvelle, et, nous aimons à le dire, les vôtres ont répondu à nos sympathies.

A mesure que le nombre de nos amis diminue, le vide de notre coeur augmente ; mais l'espoir consolant qui nous reste, c'est, lorsque nous ne serons plus, de laisser aussi des regrets après nous, et de nous réunir aux personnes qui nous ont été chères ici bas dans un lieu où règne une éternelle paix.

La perte que nous avons faite, le 23 mars 1836, ne sera pas moins sensible au département : à la fois maire de Ponteilla, membre du conseil du premier arrondissement et du comité d'arrondissement pour l'instruction primaire, M. JAUBERT DE REART (Joseph), remplissait ces fonctions importantes à la satisfaction de tous, avec zèle et dévouement : il était le guide, le père de ses administrés ; aussi, sa mort a été un deuil général pour sa commune : une population entière l'a accompagné au champ du repos (1).

Excellent père de famille, ami fidèle et sûr, savant modeste, voilà les précieuses qualités qu'il possédait et qui le faisaient aimer. Doué d'un bon coeur, d'un caractère doux, conciliant, il ne connut point la haine et ne l'inspira jamais.

Il consacrait ses loisirs à l'étude, à l'éducation de ses enfants, auxquels il a laissé de beaux exemples à suivre. Ses travaux scientifiques sont en grand nombre, vous en connaissez une partie. Grâce à ses persévérantes investigations, à son intelligence supérieure, l'archéologie a fait un pas de plus dans le Roussillon ; c'est lui qui, le premier, mu par un sentiment vrai de patriotisme, a signalé à l'attention de l'histoire nos monuments dits celtiques, par des publications dont le Journal des Savants, du mois d'avril de l'année dernière, parle avec éloge. «On lui doit encore des recherches sur la langue des Bohémiens, recherches que quelques personnes qui en ont lu des fragments dans notre Publicateur ont pu considérer comme frivoles, mais que nous n'hésitons pas à qualifier de savantes, parce que c'était là l'unique voie pour arriver à la connaissance de la patrie originelle de cette race nomade, race singulière qui, depuis un nombre de siècles inconnus, fatigue un sol qui lui est étranger, et dont tant de savants ont jusqu'ici poursuivi infructueusement les traces» (2).

Correspondant de la Société royale des Antiquaires de France, il figure en tête du volume qu'a publié, en 1835, cette Société distinguée.

Pourquoi faut-il qu'à quarante-trois ans (3), dans l'âge où satisfait du passé, l'homme se crée en espoir un brillant avenir, une vieillesse heureuse ; pourquoi faut-il qu'il soit ainsi enlevé à ses plus chères affections !

Et nous qui avions le secret de ses pensées intimes, qui étions son ami, qu'on nous permette de payer ce faible tribut à sa mémoire, de jeter quelques pleurs sur sa tombe, qui sera longtemps humide des larmes d'une famille inconsolable !


(1) M. Jaubert de Réart est mort à Ponteilla.
(2) M. Henry, Publicateur, n° 14, 5e année.
(3) M. Jaubert de Réart était né le 30 décembre 1792.


© S.A.S.L. des P-O.
Cette notice nécrologique a été publiée dans le IIe volume de la SASL, 1836, pp.169-170.