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Notice sur la culture du safran
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| Historique Personnalités Bureau actuel Bibliothèque Conférences Cotisations Bulletin 2007 Publications en vente Bulletins Tables de recherche Autres articles Echanges académiques Ecrivez-nous Recherchez Copyright Aspirateurs | Il y a plusieurs espèces de safran ; quelques-unes fleurissent au printemps, d'autres en automne ; elles offrent de très jolies variétés qui ornent agréablement les plates-bandes des jardins des fleuristes les plus renommés. L'espèce qui fait l'objet de cette note est originaire d'Orient ; elle est naturelle à quelques contrées d'Italie ; elle est cultivée en grand en Espagne et dans plusieurs provinces françaises. Son importation date du XIVe siècle ; elle est connue dans le commerce sous le nom de safran du Gatinais. C'est le safran cultivé, crocus sativus, LINNE, de la triandrie monogynie, famille des irridées. Jaloux d'introduire dans notre département la culture d'une plante très productive, je me suis livré à quelques essais que j'ai l'honneur de soumettre à la Société Philomatique. En 1831, je me procurai des bulbes de safran que je fis venir de la province d'Aragon, en Espagne ; après avoir choisi un terrain léger, et l'avoir préparé de la manière indiquée dans les ouvrages d'agronomie qu'il serait superflu de rapporter, vers la fin d'août je mis ces bulbes en terre, à une profondeur de quatre pouces et distants l'un de l'autre de cinq pouces. Dans certains pays, le Gatinais, par exemple, on les met à une plus grande profondeur, dans la crainte qu'ils ne soient saisis par les gelées ; mais dans notre pays, où nous avons à redouter bien rarement que la température de la glace pénètre jusqu'à quatre pouces dans la terre, cette profondeur me parut suffisante. Une légère pluie survenue vers la fin du mois d'octobre, détermina la croissance subite de la hampe et l'épanouissement de la fleur. Je m'empressai de faire récolter les stygmates ; ce travail dura six jours ; il se faisait de grand matin, et quelquefois le soir après la tombée du soleil, quand je prévoyais que la quantité de fleurs ne me permettrait pas de finir le lendemain matin avant que le soleil n'eût fait fermer la fleur ; malgré que la récolte de safran ne soit jamais aussi abondante la première année que les suivantes, le rendement fut cependant supérieur en valeur à toute autre récolte ordinaire que j'aurais pu mettre sur le terrain de la safranière. L'année suivante, je donnai trois labours à ma safranière ; le premier au commencement de mars, le second en juin et le troisième à la fin de septembre. Vers la fin du mois d'octobre je remarquai, comme l'année précédente, que l'extrémité de la fleur commençait à paraître ; mais au lieu de s'épanouir promptement, elle restait dans le même état, et à peine si dans quatre jours je pus apprécier qu'elle eût fait quelques progrès. Me rappelant que c'était à la suite d'une pluie que cette fleur avait poussé spontanément l'année avant, je crus devoir attribuer son état stationnaire à la sécheresse qui régnait depuis plus de deux mois. Je résolus alors de suppléer à l'humidité naturelle qui paraît indispensable à la floraison de cette plante, par une légère irrigation que je donnai le soir, immédiatement après le coucher du soleil. Le lendemain matin, étant revenu pour voir l'effet qu'aurait produit cette opération, je fus agréablement surpris de voir ma safranière entièrement émaillée de belles fleurs parfaitement épanouies. Le produit de cette récolte jouissait de toutes les qualités qui constituent un safran de première qualité, d'une belle couleur rouge brunâtre, d'une odeur forte, pénétrante, agréable ; en proportionnant le produit obtenu pour soixante ares, qui font l'aymninate du pays, j'ai trouvé que cette plante peut fournir 9 livres de safran par ayminate, dont la valeur, terme moyen, est de 20 francs la livre ; ainsi une ayminate de terre plantée en safran produit 180 fr. par an ; il faut y ajouter encore la valeur des feuilles qui restent vertes tout l'hiver et qui sont un excellent pâturage pour les boeufs. Les frais de culture se réduisent à peu de chose, puisqu'ils consistent en trois travaux par an, dont les deux premiers sont deux béchages superficiels et le troisième un simple ratissage, qui peuvent être faits par des femmes ou des enfants. Je regrette beaucoup qu'une crue d'eau qui eut lieu dans le mois de novembre de cette année, ait entraîné ma safranière, qui était située près de la rivière, et m'ait privé de présenter une série de faits et d'expériences plus complets sur la culture d'une plante que je n'hésite pas à signaler comme une des principales productions si elle vient â se propager dans ce département. Je voulais attendre le résultat d'une nouvelle expérimentation que je fais cette année ; mais le désir que j'ai d'être utile à mes concitoyens, m'impose l'obligation de communiquer â la Société Philomatique le résultat de mes premiers essais. Plus tard j'aurai l'honneur de lui faire part de mes nouvelles observations. M. Aymar, pharmacien à Ille © S.A.S.L. des P-O. Cet article a été publié dans le volume I du Bulletin de la SASL (1), 1834, p.85-88. | ||