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Pierre Vidal
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| Historique Personnalités Bureau actuel Bibliothèque Conférences Cotisations Bulletin 2007 Publications en vente Bulletins Tables de recherche Autres articles Echanges académiques Ecrivez-nous Recherchez Copyright Aspirateurs | Pierre Vidal, né le 21 mars 1848 à Saint-Paul-de-Fenouillet, est mort à Perpignan le 13 septembre 1929. Il fit ses études au lycée de Carcassonne, puis partit à Paris où il se proposait de faire de la critique musicale. Mais, tombé malade, il revint en Roussillon où il entra comme sous-bibliothécaire à la Bibliothèque municipale de la ville de Perpignan, en septembre 1875. Il devait plus tard devenir le bibliothécaire, le plus encyclopédique, le mieux averti des bibliothécaires. Lorsqu'en 1876 il fit la connaissance de l'archiviste départemental Alart et qu'il lui exprima le désir de se vouer aux études d'histoire locale, ce savant s'empressa de le mettre en garde et ne lui cacha point que c'était là «une carrière difficile, peu fructueuse, mais exigeant une somme énorme d'abnégation et de travail». Mais Pierre Vidal avait la flamme et la foi ; c'était un laborieux. Il devint un excellent paléographe. Bien qu'Alart ait guidé ses premiers pas, on peut dire à sa louange que c'était un autodidacte. D'innombrables documents étaient ensevelis dans la poussière de nos archives ; il les défricha, les compulsa et accumula les matériaux nécessaires pour les oeuvres qu'il se proposait de publier. Afin de travailler avec plus de méthode, il aborda l'étude de ce qu'on appelle les sciences auxiliaires de l'histoire : archéologie, philologie, folklore, numismatique, épigraphie, sigillographie, sciences dont le goût s'était déjà répandu en province depuis plusieurs années. Et il se mit à fournir abondamment de la copie aux imprimeurs de Perpignan. Il faudrait un volume pour analyser ses oeuvres historiques. Nous pouvons dire qu'il nous a laissé sur l'histoire du Roussillon et sur celle de la ville de Perpignan des travaux à peu près définitifs. Quelle destinée que celle des chercheurs qui furettent dans les archives et remuent pour notre plaisir la poussière du passé ! Pierre Vidal était une sorte de bénédictin laïque et, dans ses livres, il a enfermé la substance de sa propre vie. Mais il ne se contentait pas de demander leur secret aux documents d'archives ; il voulait parcourir les pays dont il allait parler et je le vois encore, parlant gaiement, le dimanche, pour quelque randonnée géographique, les guêtres bien ajustées, et son grand feutre mou un peu incliné sur l'oreille. C'est ainsi qu'il allait interroger les bergers du Canigou, le bâton à la main. Lorsque Pierre Vidal revenait de ses longues excursions, il racontait en pure langue catalane des histoires exquises, car il avait le don rare du narrateur qui séduit son auditoire. Ce qu'on n'oubliera pas de Pierre Vidal, c'est que son oeuvre entière est un poème en l'honneur du Roussillon et que, pendant plus d'un demi-siècle, il a incarné le Roussillon lui-même. Lorsqu'à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, à Paris, lorsqu'aux archives de la Couronne d'Aragon, à Barcelone, on s'occupait du Roussillon, quel nom évoquait-on ? Celui de Pierre Vidal. Lorsqu'un homme de lettres débarquait à Perpignan avec l'intention de trouver dans notre région la matière d'un roman, il s'adressait à Pierre Vidal. Lorsqu'un étudiant de la Faculté des Lettres ou de la Faculté de Droit projetait une thèse sur le pays, c'est Pierre Vidal qui lui fournissait le sujet. Sachons-lui gré d'avoir répandu autour de lui ses vastes connaissances. Ses écrits continueront de dire ce qu'a été pour lui sa province bien-aimée. La somme de ses connaissances était si considérable que nous eûmes l'impression, en le voyant disparaître, que tout à coup venait de sombrer dans la mer une cargaison précieuse, enrichie d'une blonde moisson. Voici la liste des oeuvres de Pierre Vidal :
© S.A.S.L. des P-O. Cette notice nécrologique a été publiée dans le LVIIe volume de la SASL, 1933, pp.322-326. | |