![]() | POMPEIA d'Ernest Breton (3eme éd. 1870) | ||||||||||||||||||
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| Voyageurs Présentation Préface Introduction historique Sommaire Visite Plans Index Planches Ecrivez-nous Recherchez Copyright Aspirateurs | ![]() Temple de la Fortune | A l'angle de la rue du Forum a b, sur laquelle il n'est pas placé en ligne droite, et de la rue de la Fortune a i, s'élève un temple découvert le 23 octobre 1823, lequel, s'il n'est pas un des plus vastes ni dés plus majestueux de Pompéi, est au moins un des plus intéressants par le grand nom qui s'y rattache. Il fut consacré à la Fortune par un membre de la famille de Cicéron, ainsi que nous l'apprend l'inscription suivante, qui se lit sur l'architrave du sanctuaire, aujourd'hui déposée sur le sol. | |||||||||||||||||
M. TVLLIVS M. F. D. V. I. D. TER. QVINQ. AVGVR. TR. MIL. «Marcus Tullius, fils de Marcus, duumvir, chargé de rendre la justice, élu trois fois Quinquevir, augure, tribun des soldats élu par le peuple, a élevé sur son sol, et à ses frais, le temple de la Fortune Auguste». L'absence du surnom de Cicéron fait voir que le Marcus Tullius ici nommé n'était point le célèbre orateur ; nous avions supposé qu'il pouvait s'agir de son père ou de son grand-père, qui tous deux portaient le prénom de Marcus, mais Overbeck fait remarquer avec raison que l'épithète d'Augusta, donnée à la Fortune, semblerait indiquer une époque postérieure à l'établissement de l'empire. Le fondateur du temple serait alors un des descendants et non l'un des ancêtres de Cicéron. Plusieurs autres inscriptions trouvées dans le même édifice rappellent diverses consécrations ; il en est une qui reproduit encore le nom de Marcus Tullius ; découverte le 26 octobre 1823, elle se lisait sur une pierre enfoncée dans le sol, à la droite des degrés du portique, dans un petit terrain d qui, situé au sud du temple, le séparait d'une maison appartenant sans doute à la famille Tullia, car elle communiquait avec le sanctuaire ; elle est ainsi conçue : M. TVLLII. M. F. «Area ou cour particulière de Marcus Tullius, fils de Marcus». W. Gell croit avoir reconnu dans cette cour des vestiges de la cuisine et de l'office des prêtres, se fondant sur ce qu'on y a trouvé une tête de Bacchus qui supportait une table ronde, deux coupes, un mortier et d'autres ustensiles de bronze ; mais ces salles et ces objets nous semblent, d'après l'inscription, devoir avec plus de raison être regardés comme ayant appartenu à l'habitation de la famille Tullia. Sur une base de marbre blanc, de forme cylindrique, trouvée dans le temple, le 20 février 1826, on lit : AGATHEMERVS VETTI. «Agathemerus, esclave de Vettius, Suavis, esclave de Cesia Prima, Pothus, esclave de Numitor, Anteros, esclave de Lacutulantus, premiers ministres (1) de la Fortune Auguste, ont élevé ce monument par ordre de M. Statius Rufus et de Cneius Melissa, duumvirs chargés de rendre la justice, sous le consulat de Publius Silius et Lucius Volusius». Sur une autre base, découverte en même temps dans la cella, est gravée une troisième inscription : TAVRO STATILIO «Taurus Statilius et Titus Platilius AElianus étant consuls, Lucius Statius Faustus, qui devait ériger une statue par l'ordre des ministres de la Fortune Auguste, a été, par décision rendue sur le rapport du Questeur (3) Q. Pompeius Amethystus, autorisé à placer au lieu de la statue deux bases de marbre». Ces inscriptions, rédigées d'ailleurs fort singulièrement et, la dernière surtout, contre toutes les règles de la syntaxe, présentent une particularité difficile à expliquer. Nulle part dans les fastes consulaires on ne trouve réunis à la même année les noms de P. Silius et Lucius Volusius Saturninus, non plus que ceux de Statilius Taurus et de T. Platilius AElianus ; il est donc impossible de fixer, d'après ces inscriptions, l'époque précise des monuments qui les portent. | |||||||||||||||||||
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Les murs de la cella h, ornés extérieurement de pilastres, s'élèvent encore jusqu'à la hauteur de 4m 50 et forment une enceinte de 7m 10 de largeur sur 10m 85 de profondeur. Ils étaient revêtus de plaques de marbre, sur l'une desquelles on trouva ce fragment d'inscription : ...AVGVSTO CAESARI PARENTI PATRIAE Le fond du sanctuaire s'arrondit en forme de niche et renferme au milieu le piédestal de la déesse entre deux pilastres corinthiens. A l'intérieur les murs de la cella, jadis revêtus de marbre, présentent quatre autres niches qui contenaient sans doute les statues de divers membres de la famille Tullia ; on n'en a trouvé que deux : l'une représentant une matrone portant le long vêtement appelé tunica talaris, et l'autre un magistrat couvert d'une toge, que l'on a cru être Cicéron lui-même. Les cheveux, la face et les yeux de celle-ci avaient été peints, et la toge était couleur de pourpre. La tête de la statue de femme avait été évidemrnent changée, sans doute afin d'approprier économiquement une figure déjà existante à une nouvelle destination. La tunique avait une bordure rouge et or. Dans le soubassement du temple est un souterrain qui n'a été fouillé qu'en janvier 1859, et où été trouvés quatre fragments de carapace de tortue. | |||||||||||||||||||
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