![]() | POMPEIA d'Ernest Breton (3eme éd. 1870) | ||||||||||||||||||
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| Voyageurs Présentation Préface Introduction historique Sommaire Visite Plans Index Planches Ecrivez-nous Recherchez Copyright Aspirateurs | ![]() Intérieur de Pistrinum | Nous avons déjà trouvé une boulangerie dans la maison de Pansa ; en voici une plus considérable découverte en 1809, qui occupe à elle seule un bâtiment spécial d'une assez grande étendue. Un mur mitoyen la sépare de l'Académie de musique, et son entrée 1 est également sur la rue Domitienne. A droite et à gauche de cette entrée sont deux boutiques 2 avec leurs dépendances 3, et des escaliers ayant conduit à un logement qui existait au-dessus. Ces boutiques n'ont point dû servir au débit du pain, qui se confectionnait dans la boulangerie avec laquelle elle n'ont aucune communication. Une peinture trouvée à Pompéi nous a appris que souvent le pain se débitait sur des tables dans les places publiques ; souvent aussi les particuliers, ainsi que cela se pratique encore à Naples, apportaient leurs grains à la boulangerie pour y être convertis en pain. On ne doit donc pas être étonné de ne rencontrer ici aucune boutique destinée à la vente des produits de l'usine. | |||||||||||||||||
Après avoir franchi le prothyrum, on trouve un atrium tétrastyle A présentant quatre piliers carrés, échancrés seulement dans l'angle regardant l'impluvium, et ayant porté, au lieu de toit, une terrasse à laquelle on montait par l'escalier placé immédiatement à droite de l'entrée et dont les deux premières marches seules étaient en pierre. Au pied de l'un des piliers est une petite citerne près de laquelle est déposée la pierre ronde qui servait à la boucher. Au centre de l'atrium est le compluvium et autour sont les quatre chambres 4, 5, 6 et 7. Dans la dernière on voit encore les restes des jambages de maçonnerie qui portaient une table, sans doute de bois, car elle a disparu. Au fond de l'atrium et à sa place ordinaire est le petit tablinum 8 qui donnait accès, non à un péristyle, mais au pistrinum 9, salle de 10m 70 de profondeur sur 7m 80 de largeur, ayant une sortie, un posticum, sur la rue de Fortunata, et contenant quatre moulins plus ou moins complets, semblables à ceux que nous avons vus dans la boulangerie de la maison de Pansa. | |||||||||||||||||||
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En entrant dans le pistrinum, on trouve à droite entre deux massifs carrés qui portaient les jarres de terre pour recevoir l'eau, l'embouchure d'une citerne jadis protégée contre les impuretés par une petite voûte qui la recouvrait. Au-dessus, sur la muraille, était une peinture offrant dans sa partie inférieure deux serpents, emblèmes des génies domestiques, rampant vers un autel chargé de fruits, et au-dessus le sacrifice à la divinité protectrice des fourneaux ; elle a entièrement disparu. Entre la citerne et le four, dont la voûte est de la plus parfaite construction, est l'entrée d'une assez grande pièce sans fenêtres 11, pavée en mosaïque, communiquant également avec le tablinum. Sous le four 10 qui avait un ventilateur large de 0m 57, dans le genre de celui que nous avons signalé à la maison de Pansa, est ménagé un réduit pour la braise ; en avant une cavité recouverte d'une dalle recevait les cendres ; enfin à gauche était un vase dans lequel on mettait la farine dont on saupoudre la pelle pour que le pain ne s'y attache pas. Une grande table adossée à la muraille était séparée du four par l'entrée d'une pièce 12 où étaient les pieds en pierre d'une autre grande table sur laquelle on déposait sans doute les pains avant ou après la cuisson, et une petite auge de pierre. Le vase à la farine et les pieds des deux tables, que nous avions encore vus en place en 1854, n'existent plus aujourd'hui. Dans l'angle du pistrinum est une autre pièce 13 où l'on trouve encore deux bassins de maçonnerie, qui durent servir à la manipulation de la pâte, et un escalier conduisant à des chambres d'esclaves qui existaient au-dessus de l'écurie 14. Celle-ci, dont la principale entrée est sur la rue de Fortunata, avait une petite porte donnant sur le pistrinum, afin qu'on pût y amener les ânes ou plutôt les chevaux qui tournaient les moulins (2) ; il est en effet probable qu'ici on dut employer à ce service des chevaux et non des ânes, à en juger par la hauteur de la mangeoire en maçonnerie qui règne le long de la muraille, à une élévation de 0m 90. L'abreuvoir était placé dans l'épaisseur de la cloison séparant l'écurie de la salle 13, ce qui permettait de le remplir sans entrer dans l'écurie. On a trouvé dans cette boulangerie de grandes amphores pleines de grains et de farine, et plusieurs pains. Sur l'un de ceux-ci, d'environ 0m 20 de diamètre, on avait écrit à l'aide de caractères mobiles les mots siligo granii, farine de froment, et sur les autres, e cicera, farine de pois chiches. Ces marques étaient ordonnées par la police, afin que les acheteurs ne pussent être trompés sur la qualité de la farine employée. | |||||||||||||||||||
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