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Littératuregréco-romaine Spectacles antiques Théâtre romain Son architecture Daremberg Ecrivez-nous Recherchez Copyright Aspirateurs | Article Theatrum - Daremberg et Saglio (1877)
Le théâtre romain 1. Origines et déreloppement du théâtre romain Le premier genre dramatique qu'aient connu les Romains fut l'atellane, laquelle, comme l'a prouvé E. Bethe, n'est autre chose, en dernière analyse, que la farce péloponésienne, importée d'abord en Campanie et de là à Rome [Phlyakes]. Or ce fait est fort important pour l'histoire de l'édifice théâtral. Il est naturel, en effet, de croire que les phlyaques, partout où ils immigraient, apportaient avec eux l'installation sommaire qui a été décrite plus haut. C'est donc sous cet aspect tout primitif que nous devons nous figurer le plus ancien théâtre romain. D'après Tacite, il faut distinguer, dans l'histoire de l'édifice théâtral à Rome, trois périodes. A l'origine, c'est une simple estrade en bois, qu'on démolit immédiatement après la fête (scaena in tempus structa) ; quant au public, il se tient debout (stantem populum spectavisse). Dans la seconde période on ajouta à la scène des gradins, également temporaires et construits en bois (subitarii gradus). Enfin, en 55 av. J.-C., Pompée fit bâtir le premier théâtre permanent en pierre (mansuram theatri sedem). En résumé donc, à Rome comme antérieurement à Athènes, le drame était en décadence, quand l'édifice atteignit sa forme définitive. Mais quel était, à la belle époque de la tragédie et de la comédie (c'est-à-dire au cours du IIe siècle av. J.-C.), l'état matériel du théâtre latin, voilà ce qu'il importerait avant tout de savoir. Depuis Ritschl, on a fait généralement commencer la seconde des trois périodes établies par Tacite en 145 seulement, avec les jeux triomphaux donnés par Mummius, le conquérant de la Grèce. Et il fallait, en conséquence, se représenter le théâtre latin, jusqu'au delà du temps de Térence (mort en 159), comme une installation des plus rudimentaires. Pas d'autre construction qu'une estrade en bois pour les acteurs (proscaenium), fermée en arrière par une cloison sans peintures (scaena). Aucune disposition spéciale en vue de la commodité des spectateurs : ni bancs, ni gradins, mais un espace nu, simplement délimité par une barrière. Tout au plus était-il permis de supposer que la scène, pour que le spectacle fût visible à tous, était généralement établie au pied d'une colline, sur la pente de laquelle s'étageaient les curieux, debout ou assis par terre, à leur gré. Mais il semble aujourd'hui démontré que la date adoptée par Ritschl est trop basse d'au moins un demi-siècle. Le savant allemand fondait, en effet, son opinion sur le fait suivant : en l'an 155 av. J.-C., les censeurs ayant adjugé la construction d'un théâtre en pierre sur la pente du mont Palatin, un sénatus-consulte, rendu sur la proposition du consul Scipion Nasica, ordonna, pour cause de moralité publique, la démolition des travaux commencés et la vente aux enchères des matériaux. Le même décret portait, en outre, interdiction aux magistrats d'élever des gradins «dans la ville et en deçà de mille pas hors de la ville», ainsi qu'au public de s'y asseoir. A la suite de celle interdiction, le public, dit Tite-Live, dut «pendant un certain temps» (aliquamdiu) se tenir debout aux représentations dramatiques. Or de ce texte M. Fabia conclut, contrairement à Ritschl, mais, selon nous, avec raison : 1° qu'antérieurement à 155 av. J.-C., la coutume existait déjà d'établir, sinon légalement, du moins par tolérance, des gradins en bois au théâtre ; 2° que la prohibition formulée dans le sénatus-consulte constituait, par conséquent, une réaction contre l'état de choses antérieur ; 3° que cette réaction fut de courte durée. De là ressort déjà un premier résultat : c'est que le théâtre du temps de Térence (sa carrière dramatique s'étend de 166 à 160) comprenait une cavea en bois. Mais on peut légitimement, à ce qu'il semble, reporter plus haut encore cette innovation. Les comédies de Plaute, en effet, renferment maintes allusions aux gradins du théâtre (subsellia). Tant que l'opinion de Ritschl a fait loi, il fallait bien considérer tous ces passages comme des remaniements postérieurs. Mais cette prévention une fois écartée, les témoignages contenus dans l'oeuvre de Plaute reprennent toute leur valeur. Et, par suite, on peut fixer aux environs de l'an 200 av. J.-C. l'installalion de la première cavea en bois. Quoi qu'il en soit, c'est l'hostilité systématique du Sénat à l'égard de toutes les importations grecques qui explique la lenteur des progrès matériels du théâtre latin. Bien avant Pompée nombre de tentatives avaient été faites pour établir à Rogne un théâtre aménagé à la grecque. C'est ainsi qu'en 179 le censeur M. Aemilius Lepidus édifia, au Cirque Flaminius, pour les jeux Apollinaires, un theatrum et un proscaenium ; mais cette construction fut bientôt démolie. Cinq ans après, les censeurs firent bâtir une scène de pierre, destinée aux jeux que donneraient les édiles et les préteurs ; peut-être cette scène subsista-t-elle, auquel cas elle eût constitué pour les magistrats, donateurs de jeux, un allégement de dépenses très sensible. En 155 se place la tentative réprimée par Scipion Nasica. En 145 le vainqueur de la Grèce, Mummius, érigea pour la première fois à Rome un théâtre complet en bois, construit à la grecque, mais qui fut démoli après les jeux. Bien d'autres essais du même genre ont dû se produire, dont le souvenir ne s'est pas perpétué. Enfin, en l'an 53 av. J.-C., Pompée dota Rome de son premier théâtre permanent en pierre. Deux autres théâtres en pierre furent édifiés en l'an 13 av. J.-C., l'un par Cornélius Balbus, l'autre par Auguste : du second, connu sous le nom de théâtre de Marcellus, les ruines subsistent encore.
Le plus ancien théâtre romain en pierre, celui de Pompée, était, nous apprend Plutarque, une copie, mais sur une plus grande échelle et avec plus de luxe, du théâtre de Mitylène dont Pompée, qui l'avait beaucoup admiré, avait fait tout exprès lever le plan. Mais auquel des deux types, hellénistique ou asiatique, se rattachait le théâtre de Mitylène ? Nous l'ignorons. Du reste, il est peu vraisemblable que le théâtre de Pompée fût la reproduction servile de l'original. Nous avons vu en effet, d'une part, que la première installation scénique qu'aient connue les Romains était le théâtre osque des phlyaques. Or ce théâtre, comme le prouvent les peintures de vases, avait un logéion bas (1 mètre environ), accessible en avant par un escalier. Comme ce double caractère, logeion bas et escalier, se retrouve dans le théâtre romain, il est à croire qu'il y avait là une tradition établie que l'architecte du théâtre de Pompée dut respecter. Mais il est une autre habitude romaine, dont il lui fallut également tenir compte. La loi avait attribué aux sénateurs des sièges d'honneur dans l'orchestra. Devenant dès lors le lieu unique du spectacle, le logéion devait être considérablement élargi. Et nous voyons en effet, dans le diagramme de Vitruve, que le bord antérieur du logeion coïncide avec le diamètre de l'orchestra. En résumé donc, le théâtre latin est, essentiellement, une combinaison, à proportions très inégales toutefois, du théâtre osque et du théâtre grec d'Asie Mineure. Quant aux autres caractères qui ne dérivent pas de cette double origine, ils s'expliquent, soit par des besoins nouveaux, soit par le goût, naturel aux Romains, du fastueux et de l'énorme. 2. Le théâtre de Pompéi Entre les théâtres de type asiatique et ceux de type romain la transition est établie par un certain nombre d'édifices qui, participant des deux à la fois, né sauraient être rangés avec sûreté dans l'un plutôt que dans l'autre. Tel est, par exemple, le théâtre d'Aspendos, bâti, semble-t-il, vers le milieu du IIe siècle ap.J.-C. Si sa cavea et son orchestra n'excédaient un demi-cercle, s'il n'était appuyé au flanc d'une colline, si son premier gradin n'était exhaussé sensiblement au-dessus de l'orchestra, il apparaîtrait par tous ses autres caractères, en particulier par sa richesse décorative et sculpturale, comme un magnifique exemplaire du théâtre romain.
3. Caractères propres du théâtre romain L'ensemble des caractères qui constituent le théâtre de type romain peut se résumer ainsi :
Article d'Octave Navarre | ||