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Aurelius Victor - De Caesaribus | ||||||||||
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Non content d'avoir porté des lois très justes contre les vices, il fit plus ; il en extirpa plusieurs par la force de son exemple. Cependant plusieurs personnes l'accusent d'avoir eu trop d'affection pour l'argent ; mais c'est à tort (1) ; car il est assez constant que, s'il établit des impôts, il y fut contraint par la triste situation du trésor impérial, et des villes qui tombaient en ruines, et que ces impôts ne furent perçus que pendant un certain espace de temps. C'est des sommes qu'il en retira que fut rebâti le Capitole, qu'un incendie avait consumé, comme nous l'avons rapporté plus haut ; qu'il acheva le temple de la Paix (2), en éleva un à Claude, construisit un vaste amphithéâtre, et que plusieurs autres édifices, et un forum, furent ou commencés ou terminés. Bien plus, dans toutes les provinces de l'empire, des villes furent rebâties plus belles qu'auparavant ; des chemins furent pratiqués avec d'immenses travaux, et la voie Flaminienne conduite en pente douce, sous des montagnes creusées à cet effet. Tant d'ouvrages d'une si grande importance, exécutés sans le moindre dommage pour les cultivateurs, sont moins une preuve de l'avarice de Vespasien que de sa sagesse. Après avoir rétabli l'antique sévérité de la censure, il chassa du sénat ceux de ses membres que leurs dérèglements rendaient indignes d'y siéger ; et, comme le nombre des familles patriciennes se trouvait presque réduit à deux cents par la cruauté des tyrans, il fit chercher dans tout l'empire les hommes les plus vertueux, et en composa mille familles patriciennes. Ensuite, il força Vologèse, roi des Parthes, à lui demander la paix ; et, après avoir soumis les habitants de cette portion de la Syrie, qu'on nomme Palestine, il la réduisit en province romaine. II fut redevable de cette conquête à son fils Titus, à qui il avait confié le commandement des troupes, en partant pour l'Italie. Pour le récompenser de cet exploit, il lui donna la charge de préfet du prétoire ; d'où il arriva que cette dignité, qui auparavant était considérable, devint plus éminente encore, et la seconde de l'empire (3). Comme, avant cette époque, les honneurs avaient été avilis et ne donnaient aucune autorité, parce que des hommes, ignorants et dépourvus de jugement, les partageaient avec des hommes sages et instruits, la plupart des préfets du prétoire se rendirent odieux par leurs injustices, et leur dignité fut d'autant plus redoutable, qu'ils étaient plus mauvais citoyens, et que, sous le prétexte des subsistances, ils s'en faisaient un moyen d'exercer toutes sortes de rapines. | ||||||||||
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