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Le guide Baedeker d'Italie méridionale (1896)Le Vésuve | ||||
| Voyageurs Présentation Introduction Naples Le Vésuve Pompéi Capri Paestum Ecrivez-nous Recherchez Copyright Aspirateurs | L'excursion au Vésuve doit se faire autant que possible par un temps clair. La plupart des voyageurs profitent maintenant pour cela des moyens de transport organisés par l'agence anglaise de voyages Thomas Cook & Son, qui vous transporte en voiture de Naples au pied du cône de cendres du volcan (4 h.) et de là au sommet par le funiculaire (3 h., y compris l'arrêt au cratère), et qui vous ramène de la même façon à Naples, pour 21 fr. Il est bon de prendre son billet la veille. Les voitures partent à 8 h.1/e ou 9 h. en hiver et à 7 h. en été, de la place des Martyrs. |
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Le Vésuve, que des poètes anciens, tels que Lucrèce et Virgile, appellent aussi Vesevus, s'élève isolé au milieu de l'ancienne Campanie, non loin de la mer, à une hauteur de 1200 à 1300 m. Chaque éruption en change la configuration et la hauteur, qui était de 1200 m. en 1845, qui s'est accrue ensuite jusqu'à 1297 et qui a particulièrement diminué dans l'éruption de 1895. La partie N.-E. est le mont Somma, dont la plus haute cime, la Punta del Nasone, est à 1137 m. au-dessus du niveau de la mer. Une vallée profonde, en forme de faucille, l'Atrio del Cavallo, sépare le Somma du Vésuve proprement dit. Le cône de cendres, au milieu duquel se trouve le cratère, a maintenant deux ouvertures, le cratère central et le nouveau cratère. L'angle formé par le Vésuve et le niveau de la mer est de 10 degrés, celui du cône, au contraire, de 30 à 35. Le mont Somma est presque à pic du côté de l'Atrio del Cavallo, mais s'incline très lentement du côté de la plaine (3 degrés). LE VESUVE DANS L'ANTIQUITE Le Vésuve n'est pas la seule montagne de feu de ce centre volcanique qui commence à Ischia, à Procida, à la Solfatare et au mont Nuovo, et qui se termine au S.-E. par le Vésuve, mais depuis trois siècles il en est le seul foyer en activité. Le géographe Strabon, qui vivait sous Auguste, nous prouve qu'il n'en a pas toujours été ainsi : «Le mont Vésuve, dit-il, est tout couvert de belles campagnes, à l'exception de son sommet. Celui-ci est presque entièrement plat, mais complètement stérile. Il est d'un aspect cendré et montre des rochers crevassés qui ont la couleur de la suie comme s'ils avaient subi l'action du feu. On serait porté à en conclure que cette montagne aurait été jadis enflammée et qu'elle aurait eu des cratères de feu, puis, que le feu se serait éteint faute de nourriture. Et c'est peut-être à cela qu'il faut attribuer sa fertilité, de même que c'est à l'éruption de l'Etna que Catane est redevable de la richesse de ses vignobles». Environ 60 ans plus tard, sous Néron, au mois de février de l'an 63 apr. J.C., la nature volcanique de la montagne se révéla pour la première fois dans les temps historiques par un tremblement de terre épouvantable, qui terrifia et détruisit en partie cette contrée alors florissante, entre autres les villes d'Herculanum et de Pompéi. Ces commotions du sol se répétèrent à Naples l'an 64 et encore plusieurs autres fois, jusqu'au 24 août de l'an 79, où eut lieu la première éruption de feu, qui anéantit Pompéi, Herculanum, Stabies et quelques autres localités moins importantes. On croit que la montagne conique du Vésuve actuel se forma à cette époque, et que le mont Somma présentait auparavant un cratère complètement rond. | ||||
Nous avons un tableau vivant de cette terrible catastrophe dans deux lettres (VI, 16 et 20) adressées à Tacite par Pline le Jeune, dont l'oncle Pline l'Ancien ou le Naturaliste, commandant de la flotte à Misène, fut étouffé par la cendre et les vapeurs, près de Castellammare, pendant qu'il observait de près le phénomène. Il parle d'abord des premières commotions, de l'obscurité qui régna en plein jour, du roulement et du mugissement de la mer, du sombre nuage au-dessus de la contrée et de la mer, déchiré sans cesse par des éclairs, puis de la pluie de cendres et de pierres, des torrents de lave, et de l'épouvante générale des habitants, qui croyaient la fin du monde arrivée. (Cette scène terrible, avec ses phénomènes, nous est aussi décrite par Dion Cassius (LXVI, 23), qui vivait en 222 apr. J.C., sous Alexandre-Sévère. Durant l'éruption de 472, le vent emporta, dit-on, de grandes masses de cendres jusqu'à Constantinople. Il y en a eu d'autres plus ou moins violentes au moyen âge, et on en compte 9 jusqu'en 1500. | ![]() Mort de Pline l'Ancien, in Lagrèze (1888) p.61 | |||
LE VESUVE DANS LES TEMPS MODERNES De 1500 à 1631, ce fut le tour des volcans à l'O. de Naples, et l'Etna fut aussi alors en activité, tandis que le Vésuve demeura dans un repos si complet qu'il se couvrit entièrement de bois, comme aujourd'hui le cratère du parc d'Astroni, et les troupeaux allèrent paître jusqu'au sommet. Puis survint une des plus terribles éruptions, celle du 16 déc. 1631. Un nuage immense de fumée et de cendre, s'élevant en forme de pin, obscurcit à Naples la lumière du jour, et se répandit avec une incroyable rapidité sur le sud de l'Italie jusqu'à Tarente. De lourdes pierres volèrent jusqu'à 20 kil. de distance ; le sol éprouva de terribles secousses, et sept torrents de lave vomis par la montagne détruisirent Boscoreale, Torre Annunziata, Torre del Greco, Resina et Portici. Il périt 3000 personnes dans cette catastrophe. D'autres éruptions dangereuses furent celle de 1707, qui dura du mois de mai jusqu'au mois d'août, et couvrit Naples d'une couche épaisse de cendre, au très grand effroi de ses habitants ; celles de 1737, de 1760 et de 1767, accompagnées de torrents de lave et de pluies de cendre, qui se répandirent, la dernière fois, jusqu'à Portici et à Naples. En 1779 eut lieu une des éruptions les plus considérables : une énorme quantité de pierres rougies par le feu, dont quelques-unes pesaient plus de 100 livres, furent lancées à une hauteur d'env. 700 m. et remplirent tout le pays d'épouvante. Les éruptions de 1794 furent encore presque plus terribles; la lave se jeta en telle quantité dans la mer, près de Torre del Greco, que l'eau en devint bouillante ; plus de 400 personnes périrent alors et les cendres volèrent jusqu'aux environs de Chieti et de Tarente. | ||||
Parmi les éruptions de date plus récente, il faut citer celles de 1804 et de 1805 et surtout celles du mois d'octobre 1822 et du mois de février 1850, aussi remarquables par leur violence que par les observations scientifiques qu'y firent des savants célèbres, tels que Alexandre de Humboldt (1822) ; puis celle de mai 1855, celle de juin 1858 dans laquelle le cratère supérieur s'est abaissé d'env. 60 m.; celle du 8 déc. 1861, qui a ravagé Torre del Greco, et celle des 24-30 avril 1872. Durant ces journées, les laves s'élancèrent presque de tous les côtés, du N.-E., du S., de 1'0., etc., principalement de l'Atrio del Cavallo, où un torrent considérable jaillit si subitement et avec tant de violence, le 26 au matin, que, parmi les nombreuses personnes qui se trouvaient en observation près de là, une vingtaine y trouvèrent la mort, et il y en eut encore de blessés par les pierres que lança le cône principal. Le torrent descendit jusqu'à Massa di Somma et S. Sebastiano, et détruisit en partie les deux villages. Il parcourut 5 kil. en 12 h. En même temps, les bouches volcaniques du sommet lancèrent leurs laves et leurs cendres mêlées de pierres ardentes et de matières incandescentes, à une hauteur de 1300 m., les cendres même jusqu'au double de cette hauteur, de telle sorte que les courants aériens en entraînèrent jusqu'à Cosenza (230 kil.). | ![]() L'éruption de 1858, in Chevalier (1888) p.37 | |||
PHENOMENES VOLCANIQUES Les savants sont d'opinions différentes sur les causes de ces phénomènes. Il est certain que les eaux de la mer y jouent un rôle important, puisque tous les volcans sont situés dans le voisinage de la mer, et qu'on ne saurait expliquer l'énorme masse de vapeur d'eau qui se dégage dans les éruptions, autrement que par le fait d'une communication temporaire des eaux de la mer avec les matières incandescentes de l'intérieur du globe. Les secousses du sol qui précèdent les éruptions sont probablement produites par la force expansive des gaz et des vapeurs qui en résultent et qui cherchent une issue. Les masses de matières liquéfiées par le feu, qui sont élevées de l'intérieur de la terre et chassées hors des cratères, par la puissance énorme de la vapeur d'eau, s'appellent lave. Si la vapeur se fait jour à travers ces masses qu'elle soulève, celles-ci sont rejetées en débris, dont les plus gros sont les scories (lapilli ou rapilli), tandis qu'on appelle cendre volcanique les matières pulvérisées comme du sable. Lorsque le cône qui s'est formé autour du cratère résiste à l'effort de la masse de lave, celle-ci s'en écoule par le sommet, sinon elle se fait jour au travers des flancs du cône et se divise alors en plusieurs bras. Déchargées du poids des laves, les vapeurs d'eau montent, entraînant avec elles les cendres et les scories, se déploient au-dessus du volcan sous cette forme pyramidale que Pline compare à celle d'un pin gigantesque (jusqu'à 3000 m. d'altitude), se condensent de nouveau dans l'air et retombent en eau. Elles constituent ainsi, avec les parties solides dont elles sont chargées, ces redoutables torrents de boue (lave d'acqua) auxquels Herculanum, en particulier, a dû sa destruction. Le Vésuve est dans une période d'activité de ce genre, mais elle ne se déploie heureusement que sur une faible échelle. Il lance des vapeurs d'eau et des pierres avec un bruit qui ressemble à celui de coups de canon tirés dans le lointain, mais les effets ordinaires du phénomène se bornent à la formation d'un cône d'éruption dans le cratère. Les éruptions plus considérables sont accompagnées d'un grondement souterrain, de commotions du sol, d'éclairs et de tonnerres produits par l'électricité que ne peut manquer de dégager une semblable tension des forces naturelles. La lave en fusion a une température qui s'élève jusqu'à 1000 degrés ; refroidie, elle se décompose lentement en une espèce de sable noir. Le volume et la rapidité de déplacement du torrent dépendent de diverses circonstances extérieures. L'espèce de fumée qui sort du cratère est de la vapeur d'eau, teinte d'une couleur plus ou moins foncée, selon la quantité de cendre qu'elle emporte avec elle. Ce qu'on prend la nuit pour des flammes n'est aussi que de la vapeur, colorée par le reflet qu'y produit la lave fondue du cratère. L'ASCENSION DU VESUVE L'ascension du Vésuve mérite d'être faite aussi bien à cause de la vue grandiose du cratère et des alentours que de la vue magnifique de la contrée et de la mer, jusqu'aux îles Ponza et au mont Circeo. Elle est surtout intéressante quand la montagne «travaille», c'est-à-dire quand elle vomit des pierres, etc., ce qu'on reconnaît déjà de Naples à la fumée pendant le jour, et au reflet de feu le soir. L'ascension de nuit n'est curieuse que dans ce cas. On recommande, en outre, d'éviter les jours où souffle le sirocco et ceux où le temps est orageux. En hiver, il faut de plus prendre garde de se refroidir. Fiches bibliographiques des illustrations
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