Introduction - Situation géographique

Intro 1 Introduction Intro 3
     

Il est une terre célèbre au temps des Romains par ses vins, ses roses et ses délices, la Campanie, au dire de Florus, le plus beau morceau non seulement de l'Italie, mais de l'univers. «Fleur du jardin du monde, s'écrie Bulwer, fontaines de délices, Italie de l'Italie, belle et généreuse Campanie ! Que les Titans étaient vains, si, habitant ce lieu, ils ont combattu pour obtenir un autre ciel ! Si Dieu avait voulu que cette pénible vie fût un jour de fête perpétuel , qui ne voudrait le passer tout entier ici, sans rien demander, sans rien espérer, sans rien craindre, tant que ton ciel lui sourirait, tant que la mer étincellerait à tes pieds, tant que ton atmosphère lui apporterait de doux messages de la violette et de l'oranger, et tant que le coeur, coulent de n'éprouver qu'une seule émotion, trouverait une bouche et des yeux capables de lui persuader, ô vanités des vanités, que l'amour, en dépit de l'usage, peut être éternel ?» (1)

Bornée à l'orient par le fleuve Silanus (Sele), à l'occident par le Liris (Garignano), au nord par les montagnes du Samnium ou monts Tiphatins, la Campanie comprenait tout le pays situé sur le bord de la mer Tyrrhénienne (Méditerranée), depuis l'embouchure du Liris jusqu'à celle du Silanus. Ce littoral était divisé en trois golfes séparés par le cap Misène et l'Athenaeum ou cap Minerve (Capo Campanella). Le plus occidental de ces golfes, Gaetanus Sinus (golfe de Gaëte), appartenait en partie au Latium, en partie à la Campanie ; le plus oriental, Paestanus Sinus (golfe de Salerne), se partage entre la Campanie et la Lucanie ; enfin celui du centre est le merveilleux golfe de Naples, que les anciens appelaient le Cratère. C'était presque au fond de ce golfe, sur le rivage oriental de la mer aujourd'hui repoussée à plus d'un kilomètre par la lave et les cendres du volcan, qu'était située Pompéi ; elle s'élevait près des bords du Sarnus, sur le sommet d'une éminence qui, à une époque très reculée, dut être composée de produits volcaniques vomis par le Vésuve ; elle était placée entre les marais Pompéiens mentionnés par Columelle, et où Spartacus faillit surprendre Cassinius au bain, et les Salines d'Hercule, ainsi nommées de la roche d'Hercule qui se dresse en face au milieu de la mer, et s'appelle aujourd'hui Isoletta di Revigliano. Pompéi est éloignée de 7 kilomètres en ligne droite du cratère du Vésuve, et sa distance de Naples est de 14 kilomètres. Ses remparts, dont la circonférence est de 4 kilomètres environ, étaient baignés par la mer au sud et au sud-ouest ; ils renferment une superficie évaluée à 660,981 mètres, ou 66 hectares, 9 ares, 81 centiares.

Du côté de la mer, le rocher de lave sur lequel la ville repose se termine assez brusquement, en sorte que les habitations descendaient en amphithéâtre jusqu'au rivage, et du haut de leurs terrasses l'oeil embrassait à la fois, au midi, la vaste étendue des mers, le golfe de Stabies, les rives de Sorrente, le cap Minerve et l'île de Caprée ; à l'ouest, les côtes de Pausilippe ; au nord, Naples et le Vésuve. Il faut avoir vu ces lieux enchantés pour se former une juste idée de ce merveilleux paradis que le destin avait placé si près de l'une des bouches de l'enfer.


(1)  Bulwer-Lytton, Les Derniers Jours de Pompéi, III, 2